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ArcelorMittal : «Un peu de lumière au bout du tunnel»


Valérie Massin, country head Luxembourg d'ArcelorMittal, se montre rassurée par le plan de sauvegarde européen de la sidérurgie. (Photo : editpress/Julien Garroy)

Après une année 2025 marquée par la crise structurelle de la sidérurgie européenne, la direction d’ArcelorMittal au Grand-Duché entrevoit une éclaircie et envisage même une légère reprise pour l’année à venir.

Lorsque Valérie Massin prend la parole à l’occasion de la traditionnelle réception du nouvel an d’ArcelorMittal sur le site de Differdange ce mercredi, les vœux de la country head Luxembourg du géant de l’acier sont vite chassés par un bilan 2025 amer. «Ces dernières années, l’industrie sidérurgique européenne s’est beaucoup exprimée sur la détérioration en général du marché et nous nous sommes retrouvés, notamment au début de l’année passée, dans une situation extrêmement préoccupante.»

La surcapacité industrielle, la contraction de la demande, la baisse de la production ainsi que l’écart substantiel des coûts de production en Europe par rapport au reste du monde sont autant de raisons invoquées par la responsable nationale d’ArcelorMittal pour expliquer l’atmosphère morose. Et il suffit de quelques chiffres pour s’en apercevoir.

Sur les 1,8 milliard de tonnes d’acier produites en 2024, 74% proviennent de l’Asie-Océanie, contre 6,8% pour l’Union européenne. «Par rapport au niveau d’avant-covid, avant 2020, il y a une diminution de la production en Europe de presque 25%», déplore Pierre Jacobs, le directeur général d’ArcelorMittal Long Products Luxembourg.

La Commission européenne à la rescousse

En difficulté face à une concurrence étrangère moins coûteuse, la sidérurgie européenne voit donc le Vieux Continent recourir à l’importation. «En 2015 et 2016, il y avait encore un léger surplus d’exportation de l’Union européenne, mais à partir de 2017, la situation s’est inversée. Les importations ont pris le dessus et la situation s’aggrave aujourd’hui», alerte Pierre Jacobs. En guise de conséquence, le taux d’utilisation des capacités de production en Europe frôle les 67% de moyenne, «ce qui démontre une situation économique assez morose».

Malgré ce sombre tableau, «nous voyons quand même un peu de lumière au bout du tunnel», relativise le directeur général de la branche de production de produits longs en acier. Valérie Massin parvient en effet à se montrer optimiste grâce au plan de sauvegarde de l’industrie sidérurgique proposé par la Commission européenne en octobre dernier. «La Commission a, dans une large mesure, écouté les demandes des producteurs et la nécessité de mettre en place des actions rapides», se réjouit la country head du Grand-Duché.

Cette dernière retient notamment «la limite d’importation de 18 millions de tonnes d’acier qui pourraient entrer librement sur le marché européen». Au-delà, les droits de douane passeront des 25% actuels à 50%. «Nous espérions avoir une mise en œuvre pour le 1er janvier, ce qui n’est pas le cas, regrette néanmoins la dirigeante. Nous la réclamons donc pour le mois d’avril.»

 

En 2025, 1,8 million de tonnes d’acier ont été produites au Grand-Duché. (Photo : julien garroy)

 

Le Grand-Duché se maintient

Valérie Massin et l’ensemble de la filière attendent également l’amélioration annoncée de la taxe carbone pour les importations d’acier ainsi qu’une politique énergétique pour réduire les coûts de production, «deux axes sur lesquels nous travaillerons cette année pour interpeller les autorités européennes».

Grâce à cette promesse de jours meilleurs dans l’Union européenne, l’indicateur économique Purchase Managers Index (PMI), qui mesure la santé d’un secteur, annonce une amélioration pour la sidérurgie en 2026. «Si le PMI est au-dessus de 50, on parle de croissance et au-dessous de 50, d’une décroissance», explique Pierre Jacobs, qui fait savoir que l’indice PMI du groupe ArcelorMittal en 2026 «devrait être un peu au-dessus de 50».

En attendant la confirmation d’un léger rebond, la branche luxembourgeoise a, elle, plus ou moins maintenu sa production annuelle dans ce contexte actuel délicat. En 2024, près de 1,9 million de tonnes d’acier avaient été produites sur les quatre sites du pays et ce chiffre a légèrement baissé en atteignant 1,8 million de tonnes en 2025. À l’inverse, le nombre de salariés a augmenté de 3 450 à 3 510 personnes sur la même période.

Depuis la précédente réception du Nouvel An, le chantier du futur siège international d’ArcelorMittal au Kirchberg est passé de six à douze étages et l’installation des équipes est prévue au cours du premier semestre 2027. «Ce siège sera une vitrine du savoir-faire national, avec de l’acier décarboné produit à Differdange et Belval», rappelle Valérie Massin.

 

L’aspirateur à poussière de Differdange

Depuis la fin 2023, un système de dépoussiérage récupéré sur le site de Florange, en Lorraine, est en cours d’installation à l’usine de Differdange. Installé pour un montant de 23 millions d’euros, il doit permettre, à terme, d’aspirer une tonne de poussière par jour et de capter 80% des émissions diffuses. À ce jour, deux phases d’installation sur trois ont été terminées et le système aspire deux tonnes par semaine.

 

Le système de dépoussiérage (au fond) du site de Differdange. (Photo : julien garroy)

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