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Affaire Wilmes : à la recherche de la «vérité médicale pleine et entière»


La ministre de la Santé, Martine Deprez, défend le choix contestée d'une experte, appelée à juger le dossier Wilmes sur le fond. (Photo : archives lq/julien garroy)

Le ministère de la Santé réfute un manque d’impartialité dans la procédure menée contre le Dr Wilmes, accusé d’avoir pratiqué des interventions non indiquées. L’indépendance des experts serait garantie.

Dans les colonnes du Wort ont été publiés ces mercredi et jeudi deux articles remettant en cause la procédure visant le médecin spécialisé en orthopédie. La ministre de la Santé, Martine Deprez, a décidé le 22 janvier de suspendre partiellement le concerné, dans un premier temps jusqu’au 22 avril.

Aujourd’hui, à l’approche du début de l’évaluation du dossier sur le fond, nos confrères s’interrogent sur l’indépendance d’un des experts qui vont se pencher sur le dossier. S’y ajouterait un manque de documentation médicale, un fait qui empêcherait une procédure contradictoire. Le Wort évoque le risque d’une «farce». Il deviendrait ainsi de plus en plus clair que l’intention ne serait pas d’«établir la vérité médicale», mais de «nuire» à la réputation du Dr Wilmes.

Le ministère de la Santé s’est fendu ce jeudi d’un communiqué pour souligner que la «procédure suit strictement le cadre légal». «Les modalités de désignation (…) garantissent le respect de l’équilibre entre les parties (…)», souligne cet écrit. Il est à rappeler que trois spécialistes seront amenés à évaluer le dossier : un premier désigné par le ministère, un deuxième par la défense du Dr Wilmes et un troisième sur lequel doivent s’accorder les deux parties.

Le Wort avance que l’experte française choisie par le directeur de Santé, Jean-Claude Schmit, présente des liens avec le médecin du Centre hospitalier de Luxembourg (CHL) présenté comme l’instigateur de la dénonciation visant le Dr Wilmes. Cette même experte aurait proposé un troisième spécialiste qui entretiendrait également un lien professionnel avec le médecin du CHL. Tous les trois font en plus partie d’une organisation européenne de référence pour la traumatologie sportive, la chirurgie du genou et l’arthroscopie (ESSKA).

Le ministère écarte tout conflit d’intérêts. L’experte aurait confirmé à la direction de la Santé l’absence de tout lien avec un «quelconque intervenant» dans la procédure, ni avec l’un des médecins ayant signalé l’affaire au Collège médical.

Des liens, mais pas de conflit d’intérêt

Le fait que l’experte en question et un des médecins du CHL aient contribué à un même article publié il y 10 ans «ne peut être considéré comme une raison suffisante de douter de son indépendance». Faire partie d’une même société scientifique internationale ne serait également pas une raison de «douter de l’indépendance d’un expert de la science médicale».

Un autre reproche formulé est que l’expertise va se limiter à identifier des «actes inappropriés ou inutiles». Les accusations d’avoir procédé à des «actes de nature mutilante» – des faits susceptibles de poursuites pénales – auraient été écartées de la mission attribuée aux experts. Le ministère souligne que les spécialistes se pencheront sur «l’ensemble des faits» ayant motivé la suspension du Dr Wilmes. Il leur appartiendra «en toute autonomie, d’examiner les éléments médicaux et de rendre leurs conclusions, sur la base desquelles la décision définitive sera prise.»

La défense du médecin concerné estime toujours que l’ensemble du dossier repose sur des éléments largement insuffisants. «Aucune preuve tant soit peu tangible pour les graves accusations n’est fournie (…)», s’insurge Me Prum dans une note de défense. Il fustige l’absence de dossiers médicaux individualisés, d’avis spécialisés ou de rapports d’expertise indépendants.

Après le rejet par le tribunal administratif, le 13 février, d’une levée immédiate de la suspension, la balle se trouve désormais dans le camp des trois experts. Le ministère de la Santé souligne que leur décision sera «basée sur la vérité médicale pleine et entière». Cette dernière devrait être établie «tant dans l’intérêt du médecin incriminé que de la santé publique».

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