Présent à la Chambre des députés ce lundi, le commissaire européen à l’Agriculture et à l’Alimentation, Christophe Hansen, a présenté le plan d’avenir de l’agriculture en Europe qui passe par l’accord UE-Mercosur, équitable et bénéfique selon lui.
En pleine actualité brulante autour de l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (lire ci-dessous), le commissaire européen à l’Agriculture et l’Alimentation, Christophe Hansen, s’est rendu à la Chambre des députés ce lundi. Le natif de Wiltz est venu de Bruxelles afin de présenter le programme de travail de la Commission européenne pour l’année à venir. Et il a forcément été interrogé sur le Mercosur, le dossier sensible du moment.
«J’ai clairement entendu la grogne des agriculteurs parce que la situation actuelle sur les marchés est assez compliquée pour diverses raisons», affirme Christophe Hansen, en réaction aux mouvements de protestation à travers l’Europe contre l’accord de libre-échange. «Nos agriculteurs veulent un plan équitable, avec un terrain équitable pour les conditions de production. C’est pour cela que nous avons proposé des solutions. Donc je pense que nous allons dans la bonne direction et j’ai bon espoir que les doutes pourront être chassés.»
Plus de contrôles et d’argent
Le commissaire européen a cité comme solutions les mesures proposées après la réunion exceptionnelle organisée le 7 janvier avec les ministres de l’agriculture de l’UE. Afin de répondre aux inquiétudes, la Commission européenne souhaite notamment suspendre, voire réduire, les droits de douane sur certains engrais afin de réduire l’impact du mécanisme carbone aux frontières et les coûts pour les agriculteurs.
Pour les produits importés, «nous avons aussi proposé de mettre à zéro les résidus maximums des pesticides que nous avons déjà interdits au sein de l’Union européenne», souligne Christophe Hansen. Comme troisième mesure, l’Union européenne promet aussi de mettre la main à la poche pour le budget destiné à l’agriculture : «Nous avons ajouté au cadre financier pluriannuel 45 milliards d’euros issus de la réserve de flexibilité et qui n’étaient pas destinés à l’agriculture.»
Concernant les règles de production des pays du Mercosur, jugées trop faibles par les agriculteurs européens, «la Commission européenne va évidemment doubler ses contrôles sur le terrain dans les pays tiers», annonce le Luxembourgeois. «C’est quelque chose que les pays tiers n’apprécient pas trop, mais c’est essentiel que les productions destinées au marché européen soient aussi contrôlées de manière appropriée et stricte pour que nos standards et la santé des consommateurs soient respectés».
«J’ai eu des retours très positifs»
Fort de toutes ces propositions «livrées dans un temps record» le 7 janvier, le commissaire européen se félicite d’avoir réussi à rassurer les représentants agricoles. Que ce soit avec la COPA-Cogeca, la principale organisation représentant les agriculteurs et les coopératives au niveau de l’Union européenne, ou d’autres acteurs nationaux des différents États membres, il a «eu des retours très positifs de notre réunion».
Christophe Hansen tient tout de même à préciser que les mesures actuelles sont provisoires, puisque les budgets définitifs pour l’agriculture et la politique agricole commune seront fixés l’année prochaine, avant le prochain cadre financier pluriannuel de 2028 à 2035. «Nous ne sommes pas encore au bout des discussions. Vers la fin en 2027, nous devrions avoir des accords sur le cadre financier bien plus réel, mais aussi sur le futur de la PAC.»
Améliorer la compétitivité en Europe
Grâce à ce paquet de mesures, il assure que «beaucoup de secteurs vont profiter» de l’accord UE-Mercosur. Il cite par exemple «le secteur du vin et celui du lait, qui ont des problèmes et qui ont besoin de ces nouveaux marchés, parce que notre industrie agroalimentaire est fortement basée sur un modèle d’exportation». En effet, selon lui, «nous avons des secteurs qui connaissent de fortes difficultés et elles ne sont pas toutes dues aux importations directes». La «législation nationale et européenne et la perte de compétitivité» étant aussi en cause, selon lui, dans ce marasme.
Le commissaire européen juge que «ces dernières années, nous avons peut-être mis la pression sur les agriculteurs, ce qui les a conduits dans des situations qui ne sont économiquement pas viables». «Nous devons faire notre travail à domicile pour rendre nos agriculteurs productifs, compétitifs», insiste-t-il.
Pour ce qui est des secteurs plus sensibles à l’arrivée des produits du Mercosur, «ils auront les clauses de sauvegarde et les sécurités nécessaires», promet Christophe Hansen. Ce dernier compare même la réserve de crise de la PAC, prévue en cas de perturbation du marché, à «une assurance incendie que tout le monde a pour sa maison, mais dont la plupart n’ont jamais eu besoin».