Les jeunes adultes éprouvent toujours des difficultés à trouver un logement abordable.
Les étapes sur l’entrée sur le marché du travail, l’âge de départ du cocon familial, les inégalités d’accès au logement… L’Observatoire de l’habitat a réalisé une enquête sur le « logement abordable » chez les jeunes. Cette étude révèle d’une part que l’âge de départ du nid familial des jeunes Luxembourgeois reste dans la moyenne européenne. Il est de 26,7 ans au Luxembourg, contre 26,3 ans dans l’UE.
Cet âge est beaucoup plus tardif en Europe du Sud (30,6 ans en Grèce) et plus précoce dans les pays nordiques (21,4 ans en Finlande). Dans les graphiques réalisés par l’Observatoire de l’habitat, on observe que l’âge moyen d’accès à la propriété se situe autour de la trentaine. Dans le même temps, on constate qu’à partir de 30 ans, les jeunes Luxembourgeois sont de moins en moins locataires. Cette tendance se poursuit au fil des années. De plus, après 30 ans, les personnes sont moins souvent logées gratuitement.
Mais cet âge d’accès à la propriété varie selon le milieu urbain ou rural dans lequel le jeune se trouve. En effet, dans les communes moins peuplées, on retrouve plus de ménages vivant dans des maisons avec une surface conséquente. De plus, les prix moyens du logement plus bas dans les communes rurales permettent un accès plus facile à la propriété. Par exemple, à Luxembourg, cet âge se situe entre 44 et 50 ans. Dans la capitale, le taux de locataires du secteur privé est, en effet, dominant entre 24 et 44 ans. Une singularité qui s’explique d’un côté par les prix élevés de l’immobilier dans la capitale, mais aussi par le nombre important de travailleurs mobiles internationaux présents dans les entreprises de Luxembourg-Ville.
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Les jeunes veulent déménager du Luxembourg
L’analyse sur la situation des jeunes adultes sur le marché locatif révèle un niveau d’insatisfaction du statut d’occupation particulièrement élevé. Environ 60 % des jeunes locataires de ce secteur se disent insatisfaits. En revanche, les jeunes propriétaires sont, pour la très grande majorité, satisfaits. Des différences qui peuvent s’expliquer en fonction des perspectives résidentielles des jeunes adultes. Plus de la moitié des jeunes souhaitent déménager du Luxembourg dans les trois années à venir. Tandis que 56% des jeunes interrogés souhaitent trouver un logement plus adapté à leurs besoins. Et sans surprise, la raison reste le manque de ressources financières.
Les non-Luxembourgeois ont moins de chance de trouver un logement
Le soutien financier reste un élément clé dans le parcours résidentiel des jeunes adultes au Luxembourg. Un tiers d’entre eux déclare avoir bénéficié d’un soutien familial au moment de l’achat d’un logement. De plus, la nationalité peut aussi jouer dans l’accès au logement. Dans cette étude, on apprend que la proportion de propriétaires est plus élevée parmi les jeunes de nationalité luxembourgeoise ayant au moins un parent né au Luxembourg (45%), en comparaison avec ceux ayant une nationalité hors Union européenne et des parents nés à l’étranger (7%). Ces jeunes, souvent issus de l’émigration, sont ainsi en majorité locataires sur le marché privé.
Une «arithmétique «inquiétante»
La fondation IDEA s’est aussi récemment penchée sur la problématique de l’achat immobilier au Luxembourg. Dans sa note décryptage publiée mardi, le cercle de réflexion économique, créé à l’initiative de la Chambre de commerce en 2014, s’est penché sur certains chiffres et évoque une «arithmétique inquiétante» pour le pays. IDEA reprend des chiffres publiés par RTL, qui indiquent que toute personne est riche au Luxembourg s’il gagne au moins deux fois le revenu médian, soit au moins 7 490 euros nets par mois. Selon les chiffres publiés par l’Observatoire de l’habitat, le prix moyen de transaction d’un logement neuf au Grand-Duché était en 2023 de 10 119 euros par m2. IDEA fait ensuite le calcul.
En supposant qu’une personne qui gagne exactement 7 490 euros par mois décide d’acheter un nouvel appartement de 60 m² et contracte pour ce faire un prêt de 607 140 euros (le prix moyen pour 60 m²) à un taux d’intérêt de 4 % sur 25 ans, elle devra rembourser 3 204 euros chaque mois, ce qui correspond à un taux d’endettement instantané (c’est-à-dire le remboursement du capital et des intérêts en proportion de son revenu net et sans prise en compte d’éventuelles aides étatiques) de 43 %. «Qu’une personne aisée qui gagne 7 490 euros par mois doive consacrer plus de 40 % de son revenu pour s’acheter un appartement neuf de 60 m² s’apparente à une indication que le Luxembourg, qui compte de plus en plus de ménages unipersonnels, risque, à moins d’une baisse drastique des taux d’intérêt, d’avoir du mal à demeurer une démocratie de propriétaires et/ou qu’une correction des prix des appartements neufs est inévitable», estime IDEA.
Le logement des jeunes est certes un vrai problème.
Cependant une question autrement plus grave n’est jamais traitée ni même abordée:
-que ferait le Luxembourg si la France voisine s’effondre?
L’hypothèse étant loin d’être farfelue, je pense que de brillants esprits devraient se pencher sur la question avant que celle-ci nous arrive comme un TGV en pleine figure.