Les cinq blessés étrangers dans la tuerie perpétrée samedi à Cracovie par un jeune Polonais présenté par les autorités comme «fasciné» par les idées d’extrême droite sont de nationalité britannique, portugaise, russe, allemande et autrichienne, a indiqué la police dimanche à l’agence PAP.
Dix citoyens polonais ont également été blessés, dont deux policiers, lors de cette attaque qui a eu lieu dans l’ancienne capitale polonaise, vitrine touristique du pays.
L’état de santé des 15 personnes hospitalisées pour des blessures par balles s’est légèrement amélioré dans la nuit mais toutes ne sont pas encore hors de danger, selon une porte-parole de la police citée par des médias polonais.
Six personnes ont trouvé la mort, dont un Britannique.
Le tireur a été grièvement blessé par la police. Opéré, il restait ce dimanche matin dans un état critique, selon la porte-parole de la police.
Les enquêteurs, convaincus qu’il a agi seul, s’emploient à déterminer ses motivations et son profil psychologique.
Identifié dans la presse par son prénom et l’initiale de son nom, Michal O., né en 2002, vivait avec ses parents et sa sœur dans un appartement d’Ostrowiec Swietokrzyski, une ville moyenne située à deux heures de route de Cracovie.
Leurs corps ont été retrouvés à leur domicile.
«Nous avons découvert les corps de trois personnes dans un appartement du centre d’Ostrowiec Swietokrzyski : un homme de 53 ans et deux femmes de 52 et 21 ans. Il s’agit des parents et de la sœur» de l’auteur, a indiqué la police dans un communiqué dimanche.
«Leurs corps portaient des blessures (…) par balles», selon la même source. Sept armes à feu ont été saisies.
Sans antécédent judiciaire
L’assaillant a fait irruption à bord d’une voiture aux abords de la place du marché de la vieille ville de Cracovie, prisée des visiteurs étrangers, et a fait feu au hasard sur des passants, touristes, chauffeurs de taxi ou encore cochers des calèches emblématiques de la ville.
La police est intervenue en quelques minutes. Une course-poursuite s’est alors engagée entre l’auteur des faits, au volant d’une Subaru noire, et un équipage de la police locale.
À une intersection, l’homme a percuté un véhicule à l’arrêt. En tenue militaire, masqué, casqué, porteur d’un gilet tactique, il est sorti de sa voiture et a échangé des tirs avec deux policiers. Il était armé d’un fusil semi-automatique AR-15.
Les deux agents ont été atteints par ses tirs mais l’un d’eux, malgré ses blessures, est parvenu à le neutraliser. Les images saisissantes de cet échange, quasiment à bout portant, ont fait le tour des réseaux sociaux.
Selon les enquêteurs cités dans la presse polonaise, Michal O. n’avait pas d’antécédents judiciaires. Il était membre, avec son père, d’un club de tir.
Le ministre de l’Intérieur a avancé samedi soir l’hypothèse d’un homme sensible aux idées «ultranationalistes».
«Tout indique qu’il était fasciné par des idéologies d’extrême droite», a affirmé Marcin Kierwinski.