En ce début de vacances scolaires, les Skills Trucks, ces camions transformés en ateliers mobiles, vont à la rencontre des jeunes. Mardi, mercredi et jeudi, deux camions font étape à Esch-sur-Alzette.
Promouvoir les métiers techniques auprès des plus jeunes : tel est l’objectif des trois Skills Trucks présentés en septembre dernier par le ministre Claude Meisch.
Alors que de nombreux adolescents ont peu de contacts avec le monde de l’entreprise, ce sont désormais les métiers techniques qui viennent à eux. Durant les vacances scolaires, jeunes et moins jeunes ont ainsi l’occasion de découvrir différentes professions, de s’essayer à de nouvelles pratiques, de créer et de travailler de leurs mains.
«D’ordinaire, ces camions se trouvent à proximité d’écoles secondaires qui ne disposent pas d’atelier. Des cours à option y sont dispensés à certains élèves. Durant cette semaine de vacances scolaires, ils sont mis à la disposition de chacun. Adultes, adolescents, enfants… Tous sont libres de venir à la rencontre de ces métiers techniques», explique Patrick Mergen, gestionnaire des Skills Trucks.

Les Skills Trucks sont équipés comme de véritables ateliers. (Photo : Julien Garroy)
Changer l’image des métiers techniques
Ces mardi, mercredi et jeudi, le camion dédié à la pâtisserie et à la cuisine ainsi que celui consacré à la coiffure et à l’esthétique ont déployé leurs ateliers mobiles de 90 m² rue Helen-Buchholtz. L’occasion pour quatorze participants de découvrir ces métiers techniques en pénurie de main-d’œuvre.
«En proposant des ateliers de ce genre, l’objectif est de changer l’image que l’on se fait des métiers techniques», explique Lara Peiffer, coordinatrice de projets au Service de la formation professionnelle. Les autorités aimeraient ainsi que la formation professionnelle ne soit plus un choix par défaut faute de bons résultats scolaires.
«Avec de telles initiatives, nous espérons susciter des vocations et inciter davantage de jeunes à s’orienter vers ces professions, dont beaucoup sont confrontées à une pénurie de main-d’œuvre. Ces formations professionnelles doivent pouvoir être considérées comme un premier choix», souligne le ministre Claude Meisch, qui a rencontré les participants ce mardi.
Dans le camion dédié à la coiffure et à l’esthétique, les participants ont appris à réaliser différentes tresses avant de s’adonner à la pose de vernis à ongles. Entouré de six femmes, Mike Frantz faisait figure d’exception. «Je travaille dans l’administration et j’ai une petite fille qui adore les tresses. Je trouve que ces Skills Trucks constituent une superbe opportunité de découvrir un métier. Si ma fille, en grandissant, s’orientait vers un métier manuel, j’en serais très heureux, pour autant que cela lui plaise», assure-t-il.
Mère et fille pâtissent ensemble
Même son de cloche pour Barbara Daniel, qui participait à un atelier de pâtisserie avec Emma, sa fille âgée de 12 ans. «Ma fille adore la cuisine. Moi, je voulais être couturière et je n’en ai pas eu l’occasion», regrette celle qui a exercé, durant plusieurs années, la fonction de gestionnaire de projets.
«Durant toute ma carrière professionnelle, j’ai aidé les autres à trouver leur voie. Si ma fille voulait se lancer dans un métier technique, je ne pourrais que l’encourager. Beaucoup d’adultes regrettent aujourd’hui leur choix de vie et ont envie de changer de métier», indique la mère de famille.
Emma, elle, se verrait bien devenir pâtissière. «J’adore ça. Je trouve que c’est un beau métier. Un métier-passion, mais surtout un métier qui perdurera. Ce n’est pas toujours facile de gagner sa vie. J’ai encore le temps d’y réfléchir, mais pourquoi pas…», conclut-elle.
Alors que les Skills Trucks ont été présentés en septembre dernier, un diplôme d’aptitude professionnelle (DAP) accéléré a également fait son apparition à la rentrée scolaire 2026/2027.
«Cette formation s’adresse aux jeunes qui viennent d’obtenir leur bac, mais aussi aux personnes en reconversion professionnelle. Nous proposons actuellement sept métiers pilotes, à savoir cuisinier, pâtissier, mécanicien d’usinage, paysagiste-pépiniériste, logisticien, menuisier et esthéticien. Une formation intensive d’un an permet d’obtenir un DAP dans chacun de ces métiers», se réjouit Marc Sinner, directeur adjoint de la formation professionnelle.