Tandis que la surpopulation au centre pénitentiaire d’Uerschterhaff était encore au cœur de l’actualité ce lundi, l’on apprenait que celui de Givenich continuait à être loin de faire le plein.
Le Centre pénitentiaire de Givenich (CPG) n’accueillait que 61 détenus au 25 octobre, pour une capacité de 115 places. Le constat n’est pas nouveau. En 2024 déjà, interrogée par le député Dan Biancalana (LSAP), la ministre de la Justice, Elisabeth Margue, reconnaissait un taux d’occupation inférieur à 50 %. Elle indiquait aussi que le CPG n’avait jamais atteint sa capacité maximale en dix ans.
Questionnée cette fois par la députée Sam Tanson (déi gréng), la ministre maintient sa ligne ce lundi. Le code de procédure pénale ne demande pas si une place est disponible, mais si le régime fermé reste nécessaire. «La surpopulation du CPL est une préoccupation réelle», concède-t-elle. Elle ne peut toutefois justifier des transferts «dans le seul but de remplir les places disponibles».
Les transferts du Centre pénitentiaire de Luxembourg (CPL) vers Givenich sont pourtant passés de 206 en 2022 à 103 en 2025. L’an dernier, sur 122 demandes, 61 ont été accordées et 57 refusées.
Des retours fréquents
Quels sont les motifs de refus? La réponse ministérielle indique des raisons qui se cumulent : risque de fuite ou de récidive, addictions non stabilisées, absence de projet de réinsertion. S’y ajoute une fragilité psychologique qui exige un suivi psychiatrique que le CPG ne peut pas assurer. La ministre décrit une population carcérale plus précaire et plus touchée par les troubles de santé mentale. Beaucoup de condamnés, appelés à quitter le pays, n’ont en outre aucune attache au Luxembourg ou dans la Grande Région. C’était déjà son argument en 2024.
Enfin, une admission ne garantit pas non plus d’aller au bout de sa peine en milieu semi-ouvert. Au total, 39 détenus ont été renvoyés vers Schrassig en 2025, et 21 depuis janvier, le plus souvent pour consommation d’alcool ou de stupéfiants.