Accueil | Monde | Allemagne : des manifestations de la «Gen Z» suivies d’affrontements

Allemagne : des manifestations de la «Gen Z» suivies d’affrontements


Des policiers antiémeutes interviennent près d’une poubelle en feu lors de violences survenues samedi à Francfort. (Photo : afp)

Les violences survenues samedi en marge des manifestations du collectif «La Génération Z s’en charge» ont été fermement condamnées dimanche.

Des responsables des Verts et de la gauche radicale ont insisté sur la nécessité de répondre aux préoccupations exprimées par les quelque 120 000 manifestants descendus dans les rues du pays pour dénoncer la misère des écoles, la hausse du coût de la vie, l’éventuelle réintroduction du service militaire et le réchauffement climatique.

«Ni la crise du pouvoir d’achat, ni le démantèlement social, ni la volonté largement partagée de manifester pacifiquement ne disparaîtront parce que des petits groupes de personnes frustrées se sont livrés à des actes de vandalisme par la suite», a déclaré auprès du quotidien Rheinische Post la présidente de Die Linke (gauche radicale), Ines Schwerdtner.

La cheffe de file des Verts, Franziska Brantner, a pour sa part condamné des débordements qui «nuisent à la cause légitime des nombreuses personnes qui ont manifesté pacifiquement», tout en appelant le gouvernement à répondre au message «on ne peut plus clair» envoyé par la jeunesse.

Samedi, les manifestations organisées dans des dizaines de villes se sont dans l’ensemble déroulées dans le calme avant que des tensions n’éclatent en soirée.

À Francfort, entre 1 000 et 1 500 personnes ont affronté la police, des émeutiers masqués saccageant plusieurs commerces et en pillant certains, a indiqué dimanche lors d’une conférence de presse le ministre de l’Intérieur de la région de Hesse, Roman Poseck.

Au total, 54 personnes ont été interpellées, âgées de 13 à 29 ans, «pour la plupart de nationalité allemande».

«Bien plus de 100 policiers ont été blessés, dont un grièvement qui a perdu des dents à la suite d’un jet de pierre au visage», a ajouté Roman Poseck.

Nouvelle mobilisation le 14 novembre

Ces «excès de violences» sont »totalement inacceptables», a réagi sur X Boris Rhein, ministre-président de la Hesse.

Des violences ont également surgi dans d’autres villes d’Allemagne, comme Cologne ou Hambourg.

À Berlin, les autorités ont fait état de «nombreux délits» ayant conduit à 56 interpellations et 27 policiers légèrement blessés.

Le ministre de l’Intérieur allemand, Alexander Dobrindt (CSU), a estimé auprès du tabloïd Bild que «les débordements violents comme ceux qui ont eu lieu à Paris» avaient pu «être évités».

Il a accusé «des groupes de gauche enclins à la violence et des fauteurs de troubles issus du milieu des migrants» d’avoir »détourné les manifestations pacifiques de l’après-midi», appelant à «des sanctions sévères» à l’encontre des responsables.

La coprésidente du parti d’extrême droite AfD (Alternative pour l’Allemagne) a elle aussi pointé «l’extrémisme de gauche» et une «migration incontrôlée» sur X.

Dans une publication sur Instagram, le collectif «GenZ regelt» («La Génération Z s’en charge») s’est «expressément distancé de toute forme de violence». Sur son site internet, il a appelé en fin de matinée à se mobiliser à nouveau le 14 novembre, avant de supprimer le message quelques heures plus tard.

 

En France : 779 interpellations «sans incident majeur»

Quelque 779 personnes ont été interpellées en France dans la journée et la soirée de samedi, lors de l’acte III de la mobilisation contre la vie chère, selon un dernier bilan dimanche du ministère de l’Intérieur.

Lors de cette troisième journée de manifestations, 291 actions de voie publique ont été dénombrées, rassemblant 320 000 personnes, dont 70 000 à Paris, selon le ministère, qui précise avoir procédé à 40 000 contrôles sur le territoire national.

Le 24 octobre, 289 actions avaient été comptabilisées pour 410 000 personnes (dont 110 000 à Paris). Le 17 octobre, le ministère avait recensé 441 actions ayant rassemblé 550 000 personnes (dont 110 000 à Paris).

À Metz, une manifestation a rassemblé environ 2 000 personnes. La déambulation s’est déroulée dans le calme. Le bilan préfectoral fait état de 53 personnes contrôlées, 11 interpellations, huit placements en garde à vue et 22 mineurs remis à leurs représentants légaux. Deux blessés légers sont à déplorer.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.