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Objets funéraires profanés restitués à Maizières-lès-Metz : «C’est un second deuil»


Plus de 200 cartons contenant les objets funéraires arrachés, cassés et éparpillés dans l’ancien cimetière après sa profanation étaient présentés aux familles. (Photo : céline killé/le républicain lorrain)

Le week-end de la Toussaint, la Ville a organisé des  journées de restitution des objets funéraires endommagés lors du saccage de l’ancien cimetière, en septembre.

Des tréteaux ont été déployés dans le gymnase de Brieux et, sur les tables, 200 cartons présentent des croix, crucifix et statues. Les éléments trop volumineux ont été déposés sur du papier bulle. D’autres, en miettes, occupent le fond des boîtes.

Ce mobilier funéraire fracassé a été retrouvé au matin du 15 septembre, éparpillé dans l’ancien cimetière de Maizières-lès-Metz. Des crucifix et des statues brisés jonchaient le sol. Au total, 96 tombes ont été dégradées. Quelques heures après le saccage, une femme de 32 ans s’est rendue aux gendarmes, affirmant avoir agi seule.

Poursuivie pour «violation ou profanation de sépulture ou monument édifié à la mémoire des morts, commise en raison de l’appartenance vraie ou supposée des personnes décédées à une religion déterminée», elle devra s’expliquer devant la justice le 11 décembre. Les résultats d’une expertise psychiatrique sont attendus. En attendant d’être jugée, elle reste libre, mais a été placée sous contrôle judiciaire.

Depuis un mois et demi, la Ville a mis d’importants moyens pour répertorier les objets des 96 tombes profanées afin de pouvoir les restituer aux familles. «Tous les services ont été mobilisés pour les photographier, les étiqueter et les classer en fonction des zones où on les a trouvés», décrit Grégory, agent de la section voirie et bâtiment.

Un tiers d’objets restitués

Pour chaque sépulture détériorée, «on a cherché les propriétaires des concessions comme on le fait pour les concessions échues», rapporte Josette Gérard, agente à l’état civil. «On a envoyé des courriers à tous ceux qu’on a identifiés.»

En octobre, le gymnase de Brieux a été réquisitionné pour organiser deux premières journées de restitution. Une nouvelle séance a été programmée à la Toussaint «pour toucher les familles qui se déplacent sur les tombes», indique la conseillère Marie-Noël Maiau.

«On est venu deux fois. On recherche la croix que ma mère avait achetée lors du décès de mon père en 1976. J’y tenais beaucoup», témoigne Gérard, venu d’Amnéville avec son épouse Maryvonne. Pour lui, «c’est toute une époque qui a été remuée».

René et Rose-Marie, venus de Plesnois, n’ont rien trouvé. «Toutes les croix se ressemblent. Certaines sont cassées, sans inscription.» Un tiers seulement des objets a été restitué.

«Marque de respect»

«On organisera probablement deux autres séances», signale Marie-Noël Maiau. Une partie du contenu des cartons pourra être remise en place. «Nous avions engazonné récemment l’ancien cimetière et pris des photos. Cela nous permettra de localiser la disposition d’un certain nombre d’ornements concernés par le saccage», signale Philippe Pollo, adjoint aux Travaux et aux Espaces verts.

Le reste sera rassemblé dans un caveau et enterré dans le nouveau cimetière avec la mise en place d’une plaque. «C’est une marque de respect pour les familles pour qui cela a été un second deuil», considère Marie-Noël. Ce dimanche après-midi, une messe a été célébrée en l’église Saint-Martin, suivie d’une procession jusqu’à l’ancien cimetière où les tombes profanées ont été bénies.

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