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Chère paix sociale

La paix sociale au Luxembourg est largement garantie par l’argent public. Le pactole alimenté par les impôts est redistribué aux travailleurs et aux entreprises. Le deuxième accord tripartite conclu en quelques mois confirme ce principe. En 2027, l’État débloquera une enveloppe supplémentaire de 150 millions d’euros pour préserver le pouvoir d’achat des ménages, permettre aux entreprises de rester à flot et, ainsi, sauvegarder les emplois. La reconduction des aides énergétiques permettra de freiner l’inflation. Une autre bonne nouvelle. Le principal acquis du camp patronal est d’éviter le déclenchement de plus d’une tranche indiciaire par an, avec un intervalle d’au moins douze mois. En limitant la prolongation du rabais à la pompe à janvier et février 2027, il sera possible de continuer à respecter la trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre, sans compromettre la sécurité d’approvisionnement. Le mazout et le gaz, deux autres énergies fossiles, resteront toutefois subventionnés jusqu’à fin 2027. Une mesure destinée à maîtriser l’inflation, mais plus problématique sur le plan climatique. Le maintien intégral de la subvention sur l’électricité mérite, en revanche, d’être salué.

Le Premier ministre, Luc Frieden, se félicite de la capacité du Luxembourg à maintenir, avec le soutien des syndicats et du patronat, «la stabilité et la cohésion sociale dans une période trouble». Les récentes mesures majeures engagées par le gouvernement contribuent aussi à cette stabilité. Citons la réforme fiscale qui doit entrer en vigueur en 2028 ou encore la hausse des allocations familiales et du salaire minimum. On revient donc au constat initial : l’argent est le garant de la paix sociale au Grand-Duché. Des tensions majeures avaient cependant éclaté fin 2024 et courant 2025 avec le camp syndical, qui estime avoir subi des attaques sans précédent de la part du gouvernement. En cette période remplie d’incertitudes, il est important que le dialogue social ait pleinement repris. Le compromis qui se dessine sur l’épineuse question de la flexibilisation du temps de travail en est la preuve. En même temps, les finances publiques doivent tenir le choc. Le déficit risque d’atteindre 2,2 milliards d’euros en 2028.

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