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«Nous défendrons les salariés, dans la rue s’il le faut»


Nora Back, ici lors de son discours du 1er-Mai, hausse nettement le ton en cette rentrée syndicale. (Photo : archives lq/hervé montaigu)

L’OGBL et sa présidente Nora Back mettent en garde le gouvernement et le patronat : toute attaque contre les acquis sociaux de la tripartite de juin engendrera une réaction musclée.

Ce jeudi, le ministre Marc Spautz retrouvera les syndicats et le patronat pour une nouvelle réunion du Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE). Après de longs mois de blocage, l’accord tripartite trouvé en juin a permis de renouer le dialogue sur les grandes questions du droit du travail. L’annonce par le gouvernement que le temps partiel familial ne constitue plus un droit, mais une simple option, marque toutefois un léger revers.

«Un ministre du Travail particulièrement zélé souhaite encore faire passer à la hâte quelques réformes du droit du travail, dont certaines sont dangereuses», dénonce Nora Back dans sa préface au nouveau numéro d’Aktuell, le magazine de l’OGBL.

La très épineuse question de la réforme de l’organisation du temps de travail reste à trancher, tout comme celle de la mise en place d’un cadre légal pour les travailleurs des plateformes. L’OGBL tiendra d’ailleurs une conférence de presse sur ce dernier dossier ce mardi matin.

«Quiconque pensait que la rentrée syndicale commencerait cette année dans le calme, parce que nous avons réussi à repousser les plus grandes attaques politiques des deux dernières années, s’est vraisemblablement trompé», souligne Nora Back.

Le premier syndicat du pays et sa présidente fixent leurs priorités pour les mois à venir : éviter un «retour à un système dans lequel les salariés supportent seuls l’inflation», empêcher toute «nouvelle attaque contre l’index» et refuser toute «politique au détriment du pouvoir d’achat».

«Les prix élevés, les crises internationales et l’incertitude croissante déterminent notre quotidien. C’est précisément maintenant qu’un OGBL fort est nécessaire. Pour nous, une chose reste claire : les travailleurs ne doivent pas payer la facture de crises qu’ils n’ont pas provoquées. Ce qui était juste hier ne l’est pas moins aujourd’hui», développe Nora Back.

Elle rappelle que les prix de l’énergie, des denrées alimentaires et du logement ainsi que les dépenses du quotidien ont «fortement» augmenté. Conséquence : «de nombreux salariés, malgré leur travail, à la fin du mois, (…) disposent de moins en moins d’argent».

«Davantage de pouvoir d’achat»

Les assurances du ministre des Finances, Gilles Roth, de continuer à mener une «politique anticyclique» avec des investissements à un niveau record ne suffisent pas à l’OGBL. Le même ministre a pourtant répété un engagement ferme du gouvernement CSV-DP : «L’indexation automatique des salaires est et restera gravée dans le marbre.»

Le budget pour 2027 apporterait «davantage de pouvoir d’achat, davantage d’allègements et un salaire net plus élevé par rapport au brut. Et cela précisément à un moment où remplir son caddie et faire le plein de carburant coûtent de plus en plus cher». Gilles Roth a aussi renvoyé vers les autres efforts en faveur des salariés : «Avant la tripartite, nous avons déjà sensiblement renforcé les revenus des ménages entre 2024 et 2026. Grâce à l’adaptation du barème fiscal. Grâce à l’augmentation du salaire minimum, exonéré d’impôt.»

Un gain net de 200 euros pour les bénéficiaires du salaire minimum ne suffit également pas à rassurer l’OGBL.

«Lorsque les prix de l’énergie augmentent ou que les crises internationales pèsent sur l’économie, on demande rapidement aux salariés de faire des sacrifices. L’OGBL met d’ores et déjà en garde contre toute politique d’austérité après la coûteuse réforme fiscale de Gilles Roth», lance Nora Back. L’introduction d’une classe d’imposition unique en 2028 aura un coût initial de 880 millions d’euros pour l’État. Le tout dans un contexte d’incertitudes. La crainte du camp syndical est que «le patronat et le gouvernement qui lui est favorable présentent comme nécessaires les attaques contre les salaires, notamment contre le salaire social minimum, ainsi que les exigences de flexibilité accrue imposées aux salariés».

Le syndicat réclame des conventions collectives fortes, des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail.

En cas d’attaques contre les acquis sociaux de ces derniers mois, l’OGBL, qui s’estime «plus fort que jamais», compte miser sur sa «capacité de mobilisation sans précédent. Le message final de Nora Back est sans équivoque : «Nous défendrons les intérêts des salariés, dans la rue s’il le faut.»

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