Après plus de 80 séances et 53 films répartis sur dix jours, c’est le long métrage irakien Irkalla, Gilgamesh’s Dream qui l’a emporté au festival du Film arabe de Fameck.
Le festival du Film arabe de Fameck, qui s’est achevé ce dimanche, y a été la veille de son traditionnel palmarès, au cœur d’une 37e édition où figuraient 53 films, avec le Soudan comme pays invité. Le Grand Prix est revenu au long métrage irakien Irkalla, Gilgamesh’s Dream, de Mohamed Jabarah Al-Daradji, œuvre poignante sur le sort des enfants orphelins de guerre, où la mythologie mésopotamienne sert de refuge poétique face à la dureté de la réalité.
Le prix de la presse a, quant à lui, récompensé Route Algéricaine de Rabah Ameur-Zaïmeche, l’histoire de deux hommes, Slimane et Smaïn, qui doivent convoyer une cargaison au fin fond du Sahara algérien. S’ensuit alors un voyage sans retour, semé d’embûches, dans l’immensité des décors époustouflants du désert.
«Un bijou de cinéma!»
Le jury jeunes s’est, lui, entiché du premier long métrage réalisé par un femme soudanaise (en exil), Suzannah Mirghani. Son film, Cotton Queen, est à voir comme un cri de résistance et d’espoir face à une société déchirée par le colonialisme et les guerres civiles. Côté documentaire, c’est The Lions by the River Tigris de Zaradasht Ahmed qui remporte tous les suffrages grâce à son regard particulier sur la reconstruction de Mossoul, où l’art, la mémoire et la poésie servent de fondations.
Enfin, le prix du public a été décerné à L’Étrangère de Gaya Jiji qui, à travers la fuite de Selma, de la Syrie jusqu’en France, évoque les drames de l’exil, portés avec sensibilité et réalisme par une cinéaste d’origine syrienne et une actrice d’origine iranienne. «Un bijou de cinéma!», précise en conclusion le festival, qui avait cette année comme parrain l’écrivain Rachid Benzine.