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Lycées : des milliers d’enseignants promis en renfort


À Paris, plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées place de la Bastille, avant que les forces de l’ordre ne procèdent à son évacuation. (Photo : afp

De «premières mesures concrètes» ont été dévoilées jeudi soir, après une nouvelle journée de mobilisation dans un climat tendu. Un nouvel appel à manifester a été lancé pour le 13 octobre.

Lors d’une intervention dans le journal télévisé de TF1, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé l’arrivée de 3 000 professeurs remplaçants «dans les heures qui viennent» dans les lycées où la situation est la plus critique. «Il y a 114 lycées dont je dirais qu’ils sont rouges, et 400 qui sont orange», a-t-il ajouté en parlant de la situation de ces établissements.

Au total, 71 500 personnes ont manifesté jeudi en France, dont 24 500 à Paris, pour une nouvelle journée de mobilisation des lycéens au cours de laquelle 504 interpellations ont été réalisées et 48 policiers et gendarmes blessés, a indiqué le ministère de l’Intérieur.

Par ailleurs, le ministère, qui «note aujourd’hui une augmentation des violences urbaines», a estimé à 55 000 le nombre de personnes ayant participé «à des actions devant des établissements scolaires, une partie seulement ayant rejoint les manifestations».

Les images des manifestations, un peu partout en France, sont restées saisissantes, en particulier à Paris, où plusieurs dizaines de milliers de personnes rassemblées place de la Bastille qui a été évacuée par les forces de l’ordre vers 19 h 20 avec usage de gaz lacrymogène.

Les slogans «Plus de masters, moins de poulets» (allusion à la chaîne de restauration Master Poulet) ou encore «35 °C dans les classes, mais le problème c’est le portable» se sont fait entendre, tandis qu’une grande banderole «GenZ en colère» a été brandie par des jeunes juchés sur la colonne de juillet au centre de la place.

En fin de rassemblement, des incidents ont éclaté avec des jets de pavé et de mortiers sur les policiers qui ont répliqué au canon à eau. La préfecture de police a évoqué un groupe d’une vingtaine de «black blocs» jetant du mobilier urbain sur les forces de l’ordre. Les charges et les tirs de gaz lacrymogènes ont été nombreux, avec également des interpellations dont un jeune, visage et vêtements ensanglantés.

En préambule de ce rassemblement, l’intersyndicale étudiante et professionnelle a appelé à une nouvelle journée de mobilisation mardi. «Tant qu’on n’aura pas 10 milliards sur la table, on continuera à se mobiliser», a affirmé Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante.

Environ 96 % des établissements ouverts

Dans l’après-midi, le ministre Édouard Geffray, en déplacement à Reims, a reçu les trois principales associations lycéennes, en compagnie de Philippe Baptiste, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Un rendez-vous à l’issue duquel les lycéens sont sortis mitigés.

Sur le terrain, les manifestations ont globalement été de moindre ampleur que mardi où de 266 000 à 450 000 personnes s’étaient rassemblées dans tout le pays. À Lille, Rennes et Bordeaux, les préfectures ont recensé respectivement 3 200, 3 400 et 2 800 manifestants.

Selon le ministère de l’Éducation nationale, environ 96 % des établissements étaient ouverts et 157 lycées (sur 3 700) fermés à la mi-journée, le ministère précisant par ailleurs que la grève des personnels n’avait quasiment pas été suivie.

À Marseille, quelque 3 900 personnes ont manifesté, selon la préfecture, mais quelques centaines ont également participé à des rassemblements non déclarés. Le proviseur adjoint du lycée Victor-Hugo a été «roué de coups à terre» par plusieurs individus devant son établissement au moment où il tentait d’éteindre à l’aide d’un extincteur le feu d’une benne à ordure.

Un lycée proche de Bordeaux a été en partie saccagé par des jeunes, en marge de la mobilisation, provoquant plusieurs centaines de milliers d’euros de dégâts selon de premiers chiffrages.

Depuis le début de la mobilisation le 17 septembre, 215 élèves et 85 membres du personnel de l’Éducation ont été blessés, ainsi que près de 800 policiers et gendarmes.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé que 18 enquêtes de la «police des polices» ont été ouvertes. Il a également indiqué la suspension de l’usage des grenades assourdissantes, après qu’un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens.

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