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Anxiété : «Il faut pouvoir mettre des mots sur cette souffrance»


À travers des ateliers ludiques, la journée permettait de s'interroger sur son propre rapport à l'anxiété. (Photo : alain rischard)

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, les Hôpitaux Robert Schuman ont organisé un événement consacré à la prévention de l’anxiété.

C’est devenu une tradition aux Hôpitaux Robert Schuman. Chaque année, le hall du site du Kirchberg s’anime pour la Journée de la santé mentale. Au milieu de l’accueil, des stands apparaissent pour donner quelques informations aux visiteurs.

«Nous avons décidé de faire des ateliers et des animations autour du thème de cette année : l’anxiété», explique Cristina Baptista, directrice de soins au pôle psychiatrique.

Les différents services se sont donc réunis pour mieux faire connaître leur travail et aider le public à y voir plus clair sur le sujet. «Ils peuvent montrer ce qu’ils font, mais aussi échanger avec les gens pour répondre à leurs questions, par exemple s’ils veulent aider un proche.»

Le service addictologie a ainsi passé la journée à renseigner les gens sur la prise en charge proposée par la ZithaKlinik, mais aussi à tordre le cou à certaines idées reçues.

«Nous faisons face à beaucoup de préjugés, notamment sur l’alcool mais surtout sur la drogue», regrette Jibril Sedati, responsable du service. L’équipe essaye donc d’être la plus pédagogique possible pour montrer que derrière une addiction, il y a d’abord un trouble anxieux.

«Personne ne consomme quelque chose au point d’en devenir dépendant sans qu’il n’y ait une raison.» Beaucoup de leurs patients viennent par exemple pour un sevrage aux médicaments après avoir voulu lutter contre des douleurs chroniques.

Mais une addiction peut survenir de bien des manières et il est important de le comprendre pour aller vers la guérison. «Ce sont des gens qui avaient un passé et une vie avant.»

L’équipe met également l’accent sur la prévention, qui reste la meilleure solution pour éviter de sombrer dans une addiction. Elle propose par exemple au public de mettre des lunettes donnant la vision de quelqu’un sous l’empire du cannabis ou de l’alcool, pour en montrer les effets.

Un trouble qui touche de nombreux jeunes

Des animations plus ludiques sont également proposées, comme des ateliers créatifs. Art-thérapeute sur le site d’Esch, Eva Blümm est venue présenter sa méthode d’impression artistique.

En utilisant toutes sortes de techniques d’impression et en travaillant de manière autonome ou en groupe sur un projet, les patients créent une œuvre de leurs propres mains. Un processus qui peut les aider à reprendre confiance en eux et réduire leur anxiété.

Juste à côté, un autre atelier permet de confectionner des poupées de souci. Cette tradition sud-américaine permet notamment aux enfants de confier leurs problèmes à une petite poupée avant de dormir et de la mettre sous leur oreiller.

Le fait de verbaliser le problème permet souvent de prendre du recul et de réfléchir, sans s’en rendre compte, à une solution. À proximité des ateliers, difficile de rater cette roue de toutes les couleurs. Sur chacun de ses quartiers se trouve une question. Elle invite à s’interroger sur la définition que l’on se fait de l’anxiété, mais aussi à réfléchir à son propre rapport aux troubles anxieux.

Toujours ludiques, beaucoup de ces animations sont adaptées aux enfants. Si on l’oublie parfois, l’anxiété touche aussi les plus jeunes. «Selon l’enquête HBSC (Health Behaviour in School aged Children), un enfant sur trois âgé de 11 à 18 ans présente des symptômes d’anxiété modérés à élevés», précise Cristina Baptista. Si tous ne vont pas obligatoirement développer des troubles, chaque signal doit être pris au sérieux.

C’est aussi le but de cette journée, faire de la prévention et aider les gens qui en souffrent à ne pas en avoir honte. Pour cela, un seul moyen : continuer à en parler autant que possible. «L’anxiété, c’est quelque chose qu’on ne voit pas. Il faut pouvoir mettre des mots sur cette souffrance.»

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