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Arabie saoudite : les Houthis du Yémen disent avoir frappé l’aéroport de Riyad


Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (2e à gauche), le ministre saoudien de la Défense, Khalid bin Salman (5e à partir de la gauche), et le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan (3e à droite), participant à une réunion du Comité stratégique politique et de défense à Riyad. (Photo : afp)

Les Houthis du Yémen ont affirmé lundi avoir frappé l’aéroport international de Riyad, la capitale saoudienne, ainsi qu’une raffinerie du géant Aramco, en riposte au soutien aérien du royaume à la contre-offensive lancée par les forces gouvernementales yéménites contre ces combattants pro-iraniens.

Au lendemain de l’annonce d’une offensive étendue pour reprendre les vastes parties du territoire du Yémen (dont la capitale Sanaa) aux mains des Houthis, les forces gouvernementales ont revendiqué lundi soir d’importants gains territoriaux dans des zones stratégiques sur le littoral de la mer Rouge perdues en septembre.

La coalition dirigée par Riyad, qui soutient le gouvernement yéménite depuis 2015, a indiqué prendre part à cette opération «Aube du Yémen», disant apporter un «soutien aérien 24 heures sur 24 aux forces armées yéménites au sol».

Dénonçant une «agression» et faisant état de 60 frappes aériennes saoudiennes en 24 heures, les Houthis ont indiqué avoir attaqué à l’aide de drones, de missiles balistiques et de missiles de croisière l’aéroport international de Riyad. Ils ont aussi visé une raffinerie d’Aramco à Rabigh, tout comme des sites militaires et des aéroports du sud du pays, selon leur porte-parole militaire, Yahya Saree.

Dans la soirée, de fortes explosions ont été entendues à Riyad par un journaliste de l’AFP et des habitants. «J’ai vu mes fenêtres trembler», a décrit l’un d’eux, résidant non loin de l’aéroport international de la capitale saoudienne.

Les combattants houthis ont averti les compagnies aériennes que le ciel au-dessus de l’Arabie saoudite n’était «pas sûr» – à l’exception des villes saintes de Médine et La Mecque, qu’ils soutiennent ne jamais avoir visées.

Turquie et Pakistan

Les hostilités entre les forces gouvernementales yéménites, soutenues par l’Arabie saoudite, et les combattants houthis, au pouvoir dans une grande partie du Yémen depuis une décennie, ont repris en juillet après des années d’accalmie, ouvrant un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient.

À l’issue d’une offensive éclair en septembre, les Houthis ont pris le contrôle de tout le littoral ouest du Yémen, bordant la mer Rouge. Et ils ciblent depuis régulièrement les installations pétrolières et militaires du royaume voisin.

L’Arabie saoudite et les forces gouvernementales yéménites, peinant à repousser les attaques des Houthis, ont plusieurs fois demandé du soutien international, notamment des États-Unis, sans succès jusqu’ici.

Après une réunion à Riyad, la Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite se sont mis d’accord en revanche pour passer «immédiatement à la mise en pratique de l’accord de défense mutuelle», signé en août à La Mecque, et pour «prendre les mesures nécessaires pour fournir les forces et moyens militaires convenus, et les déployer rapidement dans le royaume», est-il écrit dans un communiqué commun des trois pays.

Le texte ne nomme pas directement les Houthis pro-iraniens, mais «condamne dans les termes les plus forts» les frappes ayant visé les villes saintes de Médine et La Mecque – imputées aux Houthis par l’Arabie saoudite – ainsi que «les attaques continues sur les villes et installations civiles et économiques» du pays.

C’est la première fois que cet accord associant la deuxième armée de l’OTAN (la Turquie), la principale puissance du Golfe (l’Arabie saoudite) et la seule puissance nucléaire du monde musulman (le Pakistan) est mis en action.

Détroit stratégique

Soutenues par les avions de combat saoudiens, les forces gouvernementales du Yémen ont de leur côté annoncé dimanche une vaste contre-offensive pour reprendre aux Houthis les territoires récemment conquis, voire les déloger de l’ensemble du pays.

Lundi soir, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen a annoncé avoir frappé des «cibles militaires» à Al-Hodeïda, grand port de la mer Rouge sous contrôle des Houthis.

Le porte-parole de la coalition, Turki Al-Maliki, a indiqué sur X que les forces navales avaient «détruit des dépôts d’armes, des installations abritant des bateaux piégés et des mines» et avaient «déjoué une attaque prévue» visant les voies navigables du sud de la mer Rouge.

Dans cette zone, les Houthis avaient renforcé en septembre leur contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, dont l’importance stratégique s’est accrue avec le verrouillage par l’Iran de celui d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule arabique, après le début de la guerre au Moyen-Orient en février.

Les forces gouvernementales yéménites ont revendiqué lundi soir sur X des «victoires sur plusieurs fronts», affirmant en particulier avoir «repoussé les Houthis de la zone de Bab el-Mandeb, de l’aéroport de Dhubab, du camp al-Omari et de la ville de Mokha». Elles ont aussi déclaré avoir progressé dans la région de Taëz, grande ville du sud-ouest encerclée par les combattants pro-iraniens.

Des sources militaires se sont cependant abstenues de confirmer officiellement la reprise de Mokha, indiquant que les forces progouvernementales avaient coupé la seule voie d’approvisionnement vers ce port stratégique pris par les Houthis en septembre.

La coalition a, elle également, déclaré «assurer la protection aérienne du détroit de Bab el-Mandeb», essentiel pour le transport des hydrocarbures.

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