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L’extrême droite allemande veut une « refonte » de l’UE sous la coupe des « patriotes »


Selon le texte, l'AfD veut "renégocier les traités européens" pour limiter le champ de compétences européennes aux "domaines dans lesquels l'avantage commun est réellement évident. (Photo : afp)

Le parti d’extrême droite eurosceptique Alternative pour l’Allemagne (AfD), en plein essor dans les sondages, prône une « refonte » de l’Union européenne par une majorité « patriote et de droite » plutôt qu’une sortie de l’UE ou de l’euro, selon un document interne.

« En 2029 », années des prochaines élections européennes et législatives en Allemagne, « une majorité patriote et de droite au Parlement européen » peut espérer mener une « refonte fondamentale de la coopération européenne », affirment les élus du parti dans un document d’orientation stratégique intitulé « Nations souveraines, Europe commune ».

Ce document a été « adopté par une large assemblée » de députés européens, allemands et régionaux du parti, dont son coprésident Tino Chrupalla, à l’issue d’une réunion intergroupes mardi, a précisé lundi l’équipe de l’un de ses auteurs, le député européen René Aust.

Selon le texte, l’AfD veut « renégocier les traités européens » pour limiter le champ de compétences européennes aux « domaines dans lesquels l’avantage commun est réellement évident », c’est-à-dire « la protection efficace des frontières extérieures de l’Europe, le bon fonctionnement du marché intérieur, la lutte transfrontalière contre la criminalité » et la politique de sécurité.

« En cas de doute, la décision concernant l’avenir européen et monétaire de l’Allemagne revient au souverain, c’est-à-dire au peuple », peut-on encore y lire.

La revendication initiale de l’AfD, créée en 2013, était la « dissolution ordonnée » de la monnaie unique européenne. En 2019, il prévoyait aussi un « Dexit », version allemande du Brexit britannique, en « dernier recours » si l’Union européenne n’était pas réformée de fond en comble « dans une délai raisonnable ».

L’AfD prospère actuellement sur une ligne anti-islam, antimigrants et prorusse. Elle est devenue en 2025 le premier parti d’opposition à la coalition gouvernementale, formée par le bloc conservateur du chancelier Friedrich Merz et le parti social-démocrate.

Le parti ne cesse de progresser dans les sondages, qu’il domine désormais avec jusqu’à 30% d’intentions de vote ces dernières semaines. Il est aussi arrivé en tête de deux élections régionales en septembre.

Sollicité, le député AfD du Bundestag Peter Boehringer a réfuté l’idée d’un « changement de cap » du parti en matière européenne.

« Une sortie immédiate (de l’UE) n’a jamais figuré dans le programme de l’AfD. (…) Toutefois, avec une participation de l’AfD au gouvernement, la négociation (avec les institutions européennes) serait conduite de manière nettement plus ferme qu’auparavant », affirme-t-il.

Au Parlement européen, l’AfD ne siège pas dans le même groupe que le Rassemblement national, qui avait décidé de rompre avec elle après des propos d’un de ses membres sur les SS.

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