Plus de 54 000 personnes ont acquis la nationalité luxembourgeoise entre 2020 et 2025, avec une forte présence de ressortissants brésiliens, français et portugais.
54 229. C’est le nombre de personnes qui ont acquis la nationalité luxembourgeoise entre 2020 et 2025, selon une réponse du gouvernement à une question parlementaire des députés André Bauler et Gilles Baum (DP). Les données permettent de dresser un portrait partiel des nouveaux Luxembourgeois, même si certaines ne sont pas disponibles pour l’ensemble des nationalités.
Parmi les personnes ayant acquis la nationalité luxembourgeoise sur cette période, l’ancienne nationalité la plus représentée est la nationalité brésilienne, avec 11 219 personnes. Suivent les Français (8 355), les Portugais (7 029), les Belges (3 696) et les Américains (3 534).
Viennent ensuite les Allemands (1 895), les Italiens (1 778), les Britanniques (1 097), les Russes (977) et les Monténégrins (921).
La réponse ministérielle souligne également quelques différences selon le sexe. Parmi les anciens ressortissants brésiliens devenus Luxembourgeois, on compte 5 947 femmes et 5 272 hommes. Chez les Français, le rapport est de 4 253 femmes pour 4 101 hommes, tandis que chez les Portugais, il est de 3 586 femmes pour 3 443 hommes.
La tendance s’inverse notamment chez les Belges, avec 1 785 femmes contre 1 911 hommes, et chez les Italiens, avec 855 femmes contre 923 hommes.
Des profils d’âge différents
Les données disponibles montrent également des différences selon les anciennes nationalités. Pour les personnes ayant auparavant la nationalité brésilienne, la tranche des 30-44 ans est la plus représentée, avec 4 764 personnes. C’est également le groupe d’âge dominant chez les anciens ressortissants américains, avec 1 105 personnes.
Chez les Français, les Belges, les Allemands et les Italiens, ce sont en revanche les 45-59 ans qui constituent le groupe le plus nombreux : respectivement 2 420, 1 136, 608 et 644 personnes.
Le profil portugais se distingue davantage encore : les 18-29 ans constituent le principal groupe d’âge, avec 2 920 personnes.
En revanche, pour les anciennes nationalités britannique, russe et monténégrine, le gouvernement précise que les chiffres globaux sont bien disponibles, mais qu’une «complète ventilation par âge et sexe sur l’ensemble de la période ne peut pas être déduite des données disponibles».
Syriens, Irakiens et Indiens en forte progression
Autre enseignement de la réponse de la ministre Margue : certaines nationalités de pays tiers, hors continent américain, ont connu une progression particulièrement importante parmi les personnes ayant obtenu la nationalité luxembourgeoise.
Entre 2020 et 2025, le nombre de personnes concernées est ainsi passé de 30 à 208 pour les Syriens, de 13 à 77 pour les Irakiens, de 34 à 167 pour les Indiens, de 24 à 110 pour les Marocains et de 37 à 141 pour les Turcs.
Le gouvernement précise que, «parmi les nationalités de pays tiers situés en dehors du continent américain pour lesquelles une comparaison exacte est possible», ce sont ces cinq nationalités qui enregistrent les plus fortes hausses en pourcentage.
Pour les Syriens et les Indiens, la tranche des 30-44 ans est la plus représentée. Pour les trois autres nationalités, une ventilation comparable sur l’ensemble de la période n’est pas disponible.
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Pour rappel, cette hausse des acquisitions de nationalité observée depuis 2020 s’inscrit surtout dans une réforme plus large du droit de la nationalité, entrée en vigueur le 1er avril 2017 et toujours en vigueur aujourd’hui. Celle-ci a notamment allégé certaines conditions d’accès à la nationalité et simplifié les procédures.
Le dispositif prévoit notamment plusieurs voies d’accès, dont la naturalisation et l’option, ainsi que des mécanismes liés au droit du sol. Le gouvernement avait lui-même souligné, en présentant les chiffres de 2020, que «depuis la réforme législative du droit de la nationalité luxembourgeoise, entrée en vigueur le 1er avril 2017, les demandes ont augmenté grâce à un allègement des conditions pour obtenir la nationalité luxembourgeoise et à une simplification des procédures».
Vivre au Luxembourg pendant plusieurs années est l’une des principales voies d’accès à la nationalité. La naturalisation est ouverte aux personnes qui résident légalement au Grand-Duché depuis au moins cinq ans, sous certaines conditions, notamment en matière de langue luxembourgeoise et de connaissance du «vivre ensemble».
Mais ce n’est pas la seule possibilité. Selon sa situation personnelle ou familiale, une personne peut aussi acquérir la nationalité par option ou par recouvrement, y compris dans certains cas sans résider au Luxembourg.
Vous vivez au Luxembourg (ou avez des liens familiaux avec le pays) et vous vous demandez si vous pouvez devenir Luxembourgeois? Le ministère de la Justice détaille les différentes possibilités et leurs conditions sur sa page consacrée à la nationalité luxembourgeoise.