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[Photos] La Norvège fait ses adieux au roi Harald V


(Photo : afp)

La Norvège a observé une minute de silence mercredi lors des funérailles du roi Harald V, figure moderne et rassembleuse, au milieu des scandales qui ont terni la fin de son règne. Le couple grand-ducal luxembourgeois était présent parmi les invités.

Son fils et successeur sur le trône, Haakon VIII, ainsi que Volodymyr Zelensky, le prince William ou le couple grand-ducal se sont figés dans la cathédrale luthérienne d’Oslo en mémoire de Harald, mort le 28 août à l’âge de 89 ans.

Le cortège funéraire avait quitté le palais royal une heure plus tôt. Placée sur un affût de canon et recouverte d’un drapeau royal, la dépouille du défunt a été transportée à travers la capitale norvégienne où se pressaient des milliers d’anonymes venus lui rendre un dernier hommage.

«Il a été roi pratiquement toute ma vie. Je me suis dit que c’était normal que je vienne aujourd’hui, puisque j’en avais la possibilité», a expliqué Anders Aanerud, employé municipal de 37 ans.

Haakon VIII, ses enfants — la princesse héritière Ingrid Alexandra et le prince Sverre Magnus —, sa sœur Märtha Louise ainsi que les hautes personnalités étrangères ont suivi le cercueil à pied.

Seules la veuve de Harald, la reine Sonja, âgée de 89 ans, et la nouvelle reine Mette-Marit, convalescente depuis une greffe de poumons en juin, se sont déplacées en voiture.

Assigné à résidence en attendant son procès en appel, le fils de Mette-Marit, Marius Borg Høiby, condamné en juin pour viols et violences notamment, a également été autorisé à assister aux obsèques.

Sarcophage

Au terme de l’office religieux et du survol de la cathédrale par quatre chasseurs F-35 en formation «missing man», le cercueil sera conduit jusqu’à l’église du château d’Akershus, puis descendu dans la crypte du mausolée royal, auprès des sarcophages des parents et grands-parents de Harald.

Lui-même reposera dans un sarcophage d’un coût de 1,7 million d’euros, dont l’apparence reste un secret bien gardé.

L’inhumation achevée, les drapeaux seront à nouveau hissés au sommet des mâts et les cloches des églises du pays sonneront pendant une heure.

Quelque 3 000 policiers et 3 500 soldats ont été mobilisés, tandis que des restrictions aériennes exceptionnelles ont été imposées.

Outre le président ukrainien et l’héritier de la couronne britannique, sont notamment présents les familles royales scandinaves, les couples royaux espagnol, belge et néerlandais, le prince héritier du Japon, les présidents allemand et finlandais, ainsi que les Premiers ministres français et thaïlandais.

Monté sur le trône en 1991, Harald était, jusqu’à sa mort, le doyen des souverains en Europe. Ayant toujours exclu d’abdiquer malgré de multiples problèmes de santé, il était extrêmement populaire auprès de ses concitoyens.

«Il a rendu humain ce qui était solennel», a dit le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Støre, dans son éloge funèbre. «Il a rendu la Norvège plus grande, en parlant d’un « nous » norvégien où chacun a sa place.»

Incarnation d’un pays ouvert et tolérant, Harald avait marqué les esprits en célébrant la diversité dans un discours en 2016.

«Les Norvégiens, ce sont des filles qui aiment les filles, des garçons qui aiment des garçons, et des garçons et des filles qui s’aiment réciproquement», avait-il dit. «Les Norvégiens croient en Dieu, Allah, l’univers et rien du tout.»

Monarchie requinquée

Après parfois des heures d’attente, plus de 46 000 Norvégiens ont défilé ces derniers jours devant son cercueil. Devant le palais, la place s’est couverte de fleurs, de dessins, de drapeaux et de lumignons en hommage au «grand-père de la nation».

«Il était comme le grand-père bien-aimé d’une famille, qui acceptait tous ses enfants et petits-enfants, quels que soient leur apparence ou leurs convictions», a confié Arthur Fosheim. «Il incarnait véritablement cet esprit d’intégration et de Norvège multiculturelle», a ajouté l’étudiant.

Près de trois Norvégiens sur quatre (72 %) soutiennent la monarchie, une hausse de huit points par rapport à une enquête précédente en mai, selon un sondage réalisé après la mort du roi et publié la semaine dernière.

Le soutien à la monarchie était tombé à son plus bas en février (60 %).

La famille royale était alors secouée par une série de scandales.

Mette-Marit, en particulier, était sous le feu des critiques pour ses liens passés avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein et les déboires judiciaires de son fils.

Si Haakon VIII, 53 ans, est très populaire, les opinions sur la nouvelle reine, également âgée de 53 ans, restent très partagées en Norvège.

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