Du 23 au 27 septembre, le Luxembourg met à l’honneur ses producteurs biologiques. À l’occasion de la quatrième édition de la «BIO-Woch», le public pourra découvrir l’agriculture bio via des portes ouvertes, des ateliers et des dégustations.
L’odeur du fourrage et les meuglements des vaches sagement alignées dans l’étable de la ferme laitière biologique Biohaff Witry ont servi de décor, ce mercredi, à la présentation de la quatrième édition de la «BIO-Woch». Cette campagne de sensibilisation se déroulera du 23 au 27 septembre, semaine durant laquelle le public pourra découvrir l’univers des producteurs bio au Luxembourg. Au programme : des cours de cuisine, des ateliers, des conférences, des dégustations et des portes ouvertes. À noter qu’en 2026, année des femmes dans l’agriculture, les professionnelles du milieu seront mises à l’honneur à travers une série de portraits.
La «BIO-Woch» est le fruit de la collaboration entre le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et de la Viticulture et l’association «Vereenegung fir Biolandwirtschaft Lëtzebuerg». L’édition 2026 est marquée par le slogan «Dem Bio-Bauer säi ganze Stolz», soit «La fierté et la joie du producteur bio». «Pendant cette semaine, il s’agit surtout de donner accès au public à ces lieux, de créer des moments de rencontres et de partage», énonce Nathalie Lesure, responsable communication de l’association.
Pour donner corps à cette campagne, huit personnes ont été sélectionnées. Quatre d’entre elles produisent et transforment des produits bio, quatre autres en achètent et en consomment. Parmi ces ambassadeurs, on retrouve plusieurs agriculteurs, un apiculteur, un chef cuisinier, un journaliste gastronomique, un expert en yoga et une influenceuse.
Outre ces visages, dans douze communes et certains supermarchés, des panneaux fléchés indiqueront le chemin vers les fermes bio les plus proches ainsi que leur production.
Vingt ans de passion et de convictions
Parmi ces fermes, on retrouve celle de Caroline et Pierre Witry-Massard. Leur exploitation laitière biologique fête cette année 2026 ses vingt ans. Vingt bougies, 90 animaux dont 45 vaches laitières, ainsi que des veaux et des génisses, dix postes de traite, environ 300 000 litres de lait par an : une expérience forgée par des réussites, des moments plus rudes et une véritable envie de partage.
La grande majorité de sa production est vendue à Käerjeng à la laiterie BioG. Le reste est mis en vente directement à la ferme via un distributeur automatique où les clients peuvent se servir eux-mêmes.
Le choix du bio s’est fait pour Pierre et Caroline au début des années 2000, quand les questions concernant les organismes génétiquement modifiés (OGM) étaient centrales. «C’était une volonté de bifurquer vers le bio, car on ne voulait pas travailler avec des OGM. C’était aussi pour mieux respecter nos terres et nos animaux», explique Pierre Witry-Massard. «C’est une décision que je n’ai encore jamais regrettée. Il y a eu des moments plus difficiles, mais aucun regret», poursuit-il.
Entre difficultés et transmission
Comme beaucoup d’agriculteurs, l’été caniculaire de cette vingtième année résonne pour le producteur laitier comme une période étouffante. «Normalement, on récolte chaque prairie quatre à cinq fois par an. Cette année-ci, à cause de la sécheresse, on a juste pu récolter deux fois. On a perdu environ la moitié du fourrage. Avec ces températures à plus de 30 degrés, les vaches ont beaucoup souffert», se souvient-il.
Pour pouvoir nourrir correctement ces animaux, le couple a dû investir environ 40 000 euros. «J’ai une assurance contre la sécheresse qui, j’espère, pourra prendre en charge une partie de la nourriture supplémentaire que j’ai dû acheter», souffle Pierre Witry-Massard.
Au début du mois, le ministère de l’Agriculture annonçait des mesures d’exception après cette saison marquée par la sécheresse. L’agriculture biologique n’y est pas oubliée. En cas de pénurie de fourrage, l’utilisation de fourrage conventionnel peut être autorisée sous certaines conditions.
Ces difficultés n’étouffent pas la passion que le couple porte à son travail. L’amour qu’ils portent à leurs animaux et la qualité de leurs produits se répercutent auprès des consommateurs. «Je vois que les consommateurs sont de plus en plus nombreux à réfléchir sur la façon dont ils s’alimentent, notamment les jeunes», décrit le producteur laitier.
Lui et sa compagne Caroline proposent régulièrement des activités pédagogiques au sein de leur ferme. «Si les enfants ont de moins en moins de contact avec l’agriculture, soit parce qu’ils vivent en ville, soit parce qu’ils n’ont pas la possibilité d’aller à la ferme, c’est un problème», conclut-il.