Un nouvel incendie, dont la cause reste à ce jour inconnue, s’est déclaré dimanche à Esch-sur-Alzette sur le site du Benu Village, un ancien écovillage dont la commune s’apprête à raser le dernier bâtiment touché par les flammes.
La fin du BENU Village aura définitivement été mouvementée. Après une liquidation judiciaire annoncée en novembre 2023, des projets de reprise d’activité avortés, un double incendie les 26 et 27 décembre 2023, l’écovillage a, une nouvelle fois, été touché par les flammes ce dimanche 31 août.
En fin de journée, vers 18 h 40, les pompiers ont dû intervenir pour un incendie déclaré sur le site, pendant que la police fermait à la circulation le boulevard Prince-Henri jusqu’au croisement avec la rue Zénon-Bernard ainsi que la rue d’Audun. Le sinistre n’a fait aucun blessé, mais l’intervention, qui s’est terminée lundi matin, laisse désormais place aux questions.
Comment ce site a-t-il pu être victime d’un nouvel incendie? Pourquoi n’a-t-il pas été entièrement détruit depuis les premiers travaux de démolition en juillet 2025? Quelqu’un en voudrait-il au BENU Village? Tandis que des riverains confient avoir aperçu des individus entrant sur le site avant que le feu se déclare, la police ne confirme ni ne nie ces informations, se contentant de dire que l’enquête suit son cours. Toujours selon des voisins, des squatteurs auraient pris l’habitude de s’installer dans ce qui reste du projet d’économie circulaire lancé en 2017.
Un double incendie suspect en 2023
En 2023, l’incendie, survenu en deux temps, avait mobilisé plus de 100 pompiers sur deux jours et des travaux de déblaiement, de démontage de façade et de toiture avaient été réalisés sur les parties incendiées. Face à l’état des lieux, la commune d’Esch-sur-Alzette avait décidé de démolir les parties sinistrées. Pour ce faire, un devis de 220 000 euros avait alors été accepté par le conseil communal, la Ville d’Esch étant «prête à démarrer les travaux de déblaiement du site pour le rendre utilisable pour de nouveaux projets».
Dans les colonnes du Quotidien en juillet 2025, Meris Sehovic (déi gréng), échevin en charge du développement urbain, annonçait qu’«une évaluation technique de l’intégrité structurelle des bâtiments restants (était) prévue, notamment en ce qui concerne la sécurité et le potentiel de réutilisation». Le processus était cependant freiné par les démarches judiciaires consécutives au double incendie.
Une enquête pour incendie volontaire avait été ouverte, tandis que d’ex-salariés partageaient leurs interrogations sur le contexte de cet incident, quelques jours seulement après le placement en liquidation judiciaire de l’association gestionnaire des lieux. «Un ensemble de bâtiments sans électricité, sans personne, comment ça brûle tout seul?» s’interrogeait une salariée au lendemain de l’incendie. Finalement, aucun auteur ni coupable n’a été officiellement identifié.
Vers une démolition définitive
Du BENU Village construit à base de conteneurs et de constructions en torchis, il ne reste qu’un seul bâtiment, près du pont ferroviaire, qui a été touché lors de l’incendie de dimanche. Interrogé ce lundi par nos confrères de L’essentiel, le bourgmestre Christian Weis fait savoir qu’il a été décidé, il y a quelques mois, de raser le dernier vestige du miniquartier et que les travaux doivent avoir lieu dans quelques semaines. L’objectif : y installer un parking temporaire afin de compenser les places manquantes en raison du chantier du quartier Rout Lëns. De quoi officiellement enterrer le premier écovillage du Grand-Duché.
L’ASBL BENU Village, qui gérait les lieux, avait demandé sa liquidation judiciaire en novembre 2023, étouffée par une dette de 945 870 euros et la gestion, tant humaine que financière, douteuse de sa direction. Avant de mettre à pied les 40 employés du jour au lendemain, le fondateur de l’association, Georges Kieffer, avait disparu dans la nature.
Un collectif d’employés était ensuite prêt à reprendre le projet en discussion avec la commune d’Esch et le ministère de l’Environnement, qui avait financièrement soutenu le lancement du projet. Aucune suite n’aura finalement été donnée à une éventuelle reprise, ce qui a conduit la commune à reprendre le terrain sans l’activité.