Le Luxembourg avait tiré le premier l’année dernière. La France s’y met aussi. Cette rentrée des classes chez nos voisins sera synonyme d’interdiction de smartphones dans les salles de classe. L’annonce, abrupte, a parfois surpris un personnel enseignant qui va devoir s’organiser pour faire appliquer la mesure. Il va donc y avoir quelques débats la semaine prochaine dans les établissements lors de la fameuse réunion de rentrée.
Cette initiative n’est pas isolée. La France, comme le Grand-Duché, souhaite l’interdiction de l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. L’objectif : préserver cette jeunesse accro aux écrans et surtout adepte du scrolling, voire victime de harcèlement via ces espaces d’échange et de discussion. Une bonne idée? Il y a du pour et du contre. Mais ces deux différents projets n’illustrent-ils pas finalement un cuisant échec qui nous concerne tous ?
Cet échec, c’est celui de notre incapacité et celle des pouvoirs publics à demander aux grandes entreprises de nouvelles technologies de protéger leurs jeunes consommateurs ou de faire appliquer la loi quand il s’agit de préserver les enfants et adolescents de vidéos ultraviolentes ou pornographiques. Ces géants qui dominent le marché mondial des applications et des échanges d’information n’ont jamais voulu, pu, maîtriser le contenu qui était diffusé via leurs produits.
À chaque fois, ils utilisent la même rengaine pour s’excuser, appelant à la responsabilité de l’usager (même s’il est mineur), à l’impossibilité de tout contrôler… En dernier recours, face à des menaces étatiques de mesures restrictives, c’est la fameuse «liberté d’expression» qui est mise en avant pour couper court à tout débat. Et ces monstres de la tech n’hésitent pas à mobiliser les foules contre ce méchant pouvoir qui veut tout contrôler. Finalement, la dernière possibilité de ces États pour préserver, un peu, la jeunesse face à ces ogres 2.0, c’était l’interdiction. Y en avait-il une autre quand on voit l’irresponsabilité de ces milliardaires qui n’ont que faire de la protection des mineurs quand il s’agit de faire beaucoup d’argent?