Alors que l’Union européenne peine à réduire le nombre de morts sur ses routes, le Grand-Duché fait, lui, figure de bon élève, sans pour autant crier victoire.
Bien, mais le Luxembourg peut encore mieux faire. C’est en substance le message de la Sécurité routière, qui réagit ce mercredi 5 août, au dernier rapport de l’European Transport Safety Council (ETSC). Pourtant le pays n’apparaît pas dans ce rapport, ses chiffres n’étaient pas disponibles au moment de la clôture. L’association profite néanmoins de l’occasion pour dresser son propre bilan, plutôt encourageant.
Grâce aux progrès accomplis en matière de législation, d’infrastructure, d’information et d’éducation, le pays est passé de 132 victimes dans les années 1970 à seulement 18 en 2024 – « le chiffre le plus bas jamais atteint». Un cap remonté toutefois à 29 décès en 2025, preuve que rien n’est acquis. «Nous ne pouvons en aucun cas réduire nos efforts dans ce combat», martèle l’organisation.
La Sécurité routière rappelle s’appuyer sur le Plan national sécurité routière 2024-2028, qu’elle juge ambitieux et dont son président Paul Hammelmann avait salué le caractère engagé auprès de la ministre Yuriko Backes. Mais le plan ne suffit pas, il faut désormais «se montrer plus proactif».
L’association cible en particulier les trottinettes électriques, dont l’essor a pris «une dynamique inquiétante» ces derniers mois. Elle réclame des mesures à court terme, jugeant la législation luxembourgeoise «plus laxiste que la plupart des autres pays européens» en matière de limitation d’âge, de vitesse et d’obligation du port du casque.
Ce satisfecit nuancé tranche avec le tableau européen. À l’échelle de l’UE, les décès routiers n’ont reculé que de 15 % depuis 2019, loin des 31 % nécessaires pour tenir l’objectif d’une réduction de moitié d’ici 2030. En 2025, 19 500 personnes ont perdu la vie sur les routes du continent et plus de 100 000 ont été gravement blessées, pour une baisse annuelle limitée à 2 %. «Le rythme des progrès est bien trop lent», déplore le directeur de l’ETSC, Antonio Avenoso, qui veut malgré tout y voir «un message d’espoir» : l’objectif reste selon lui «à la fois nécessaire et réalisable».