La Belge qui a brillé lors des JO d’hiver de Milan-Cortina l’hiver dernier en prenant la 4e place du 5 000 m de patinage de vitesse, réalise «un rêve» en disputant son premier Tour de France cycliste.
Ce transfert «express» est épatant au regard des résultats obtenus ces dernières semaines par Sandrine Tas, même si elle n’est pas la première patineuse à s’essayer au vélo. Avant elle, la Tchèque Martina Sablikova, triple championne olympique de patinage de vitesse, s’était aussi tournée, avec beaucoup moins de réussite, vers la route dans les années 2010.
Et dans le peloton actuel, l’une des favorites de la Grande Boucle, la Néerlandaise Demi Vollering, a également fait ses gammes sur des patins, mais seulement chez les jeunes. Tas, qui effectue chez Lotto-Intermarché sa première année au sein d’une équipe professionnelle, a réussi ses débuts au plus haut niveau avec notamment deux victoires d’étape fin mai sur le Bretagne Ladies Tour.
La Flamande de 30 ans a aussi marqué les esprits fin juin avec une médaille de bronze au championnat de Belgique finissant dans le sillage des «stars» Shari Bossuyt et Lotte Kopecky. «J’ai été déçue de ne pas m’imposer ce jour-là, même si atteindre aussi rapidement un tel niveau de performance est évidemment une satisfaction», a-t-elle dit lors du Grand Départ du Tour samedi à Lausanne.
«J’aime le cyclisme depuis toute petite : je le regardais à la télévision avec mon grand-père. C’est lui qui m’a offert mon premier vélo de route», a expliqué celle qui fut aussi championne du monde de… roller, à 17 ans.
«Le vélo a toujours fait partie de mon entraînement, et très souvent, ces sorties étaient mes séances préférées. Donc voilà, c’est tout simple. J’aime le cyclisme, c’est pour ça que je suis là.»
Le plus dur, c’est de «frotter»
«Le décès de mon grand-père m’a décidée à contacter Lotto-Intermarché. J’ai pensé qu’après les JO, ce serait le parfait moment pour essayer. Et ça marche très bien pour l’instant», a-t-elle précisé alors que jusqu’à cette année, elle n’avait participé qu’à quelques courses «pour le fun» sous le maillot de l’équipe amateur Belco-Van Eyck.
Sa première épreuve en World Tour, la Flèche wallonne, où elle s’est classée 57e en avril, l’a rapidement rassurée sur son potentiel alors qu’il a fallu passer d’un sport relativement intense à une discipline axée sur l’endurance.
«Même si ce sont les mêmes groupes musculaires qui sont sollicités, les deux disciplines sont très différentes. En patinage, ma course la plus longue durait sept minutes. Maintenant c’est trois ou quatre heures. L’entraînement évolue donc un peu plus vers l’endurance», note-t-elle.
La Belge trouve sa place au sein du peloton (mardi matin, elle occupait la 123e place du classement général), redoutant surtout la nervosité propre à la plus grande course du monde : «le Tour c’est un peu fou, car le niveau est très élevé. C’est parfois chaotique : tout le monde veut être devant dans les moments importants.»
On est loin du confort des anneaux de glace où chaque athlète évolue dans un couloir : «Frotter est ce qu’il y a de plus dur à apprendre», concède Tas. Raison pour laquelle, pour le moment, elle se voit davantage comme une spécialiste du contre-la-montre. «L’objectif est de progresser en vue des prochaines saisons», souligne-t-elle. Car si elle n’a pas renoncé aux patins, Sandrine Tas se voit un avenir dans le cyclisme.