[CYCLISME] Un an après avoir réalisé son «rêve de gamine», Pauline Ferrand-Prévot se lance dès samedi à Lausanne à la conquête d’un deuxième sacre sur le Tour de France femmes, mais la concurrence sera féroce.
Durant neuf jours d’une course qui couronnera forcément «une coureuse complète», selon la directrice de l’épreuve Marion Rousse, la Rémoise (34 ans) aura fort à faire face à une meute de concurrentes de plus en plus dense d’où émergent plusieurs outsiders dont la jeune Espagnole Paula Blasi (23 ans), victorieuse de la Vuelta au printemps.
La victoire de «PFP» il y a douze mois, un an après son sacre olympique en VTT, l’avait définitivement fait intégrer la caste des géant(e)s du sport français. Un succès qui avait aussi propulsé le Tour féminin dans une autre dimension, au regard notamment des audiences TV, France Télévision mentionnant des pointes record à plus de sept millions de téléspectateurs lors des dernières étapes.
Si «gagner une deuxième fois serait extraordinaire et que ne pas gagner ne changerait pas sa vie», Ferrand-Prévot voudra «se donner à 100 %» en espérant «être transcendée par le public qui (lui) avait donné des ailes l’an passé».
Un chrono et le Ventoux
Alors qu’elle n’a plus gagné de course depuis son sacre de l’été dernier, la leader de la formation Visma-Lease a Bike se dit «satisfaite» de sa condition après «avoir travaillé dur» dans la foulée d’un Tour d’Espagne conclu dans l’anonymat (35e) début mai. «Je suis là où je voulais être», a-t-elle assuré à la veille du départ. «Pauline sait cibler ses objectifs. Elle sera la coureuse à battre», renchérit Marion Rousse.
La Française a qualifié de «défi formidable» la quatrième étape, un contre-la-montre de 21 kilomètres à Dijon favorable à une Vollering davantage spécialiste de l’exercice. Mais si elle y concède du temps, «PFP» aura l’occasion de se rattraper lors de la septième étape dont l’arrivée sera jugée au sommet du mont Ventoux. La Française tâchera d’y prouver qu’elle reste la meilleure grimpeuse du peloton, un an après avoir écœuré ses adversaires dans le col de La Madeleine.
Pareille performance sera sans doute nécessaire pour devancer Demi Vollering. La lauréate de l’édition 2023 (29 ans), deuxième l’an passé, est dans une forme resplendissante depuis le début de saison. La championne d’Europe en titre a épinglé le Tour des Flandres, la Flèche wallonne et Liège-Bastogne-Liège.
Elle a surtout renversé sa compatriote (et… ex-directrice sportive) Anna van der Breggen lors de la dernière étape du Tour d’Italie qu’elle a spectaculairement remporté début juin. Un succès qui est venu balayer les doutes questionnant la solidité mentale de la star de l’équipe FDJ United-Suez.
Blasi en épouvantail
La course au maillot jaune ne se limitera pas à ce duel : la densité au sommet du vélo féminin se confirme d’année en année depuis la reprise en main de la course par ASO en 2022.
Une Grande Boucle, vitrine éclatante de la discipline, qui a poussé Van der Breggen à sortir de sa retraite après quatre ans sans compétition. La Néerlandaise de 36 ans, deuxième de la Vuelta et troisième du Giro, est candidate au podium, voire plus, à l’instar de la Polonaise Kasia Niewiadoma (31 ans), victorieuse en 2024, ou de l’Italienne Elisa Longo-Borghini (34 ans), toujours régulière dans les courses à étapes.
Face à ces valeurs sûres, Paula Blasi est l’une des incarnations de la nouvelle vague. Outre la Vuelta, l’épouvantail espagnol a remporté cette année l’Amstel, le Tour des Pyrénées et le Tour de Catalogne. À 21 ans, Marion Bunel, équipière de Ferrand-Prévot, fait aussi partie de cette jeunesse ambitieuse. Sa troisième place dans la Vuelta en a fait en outre l’une des chefs de file d’un séduisant et ambitieux cyclisme français.
L’unique coureuse luxembourgeoise engagée dans le Tour, Nina Berton, tentera de tirer son épingle du jeu dans l’équipe américaine EF Education-Oatly, en compagnie de la Canadienne Magdeleine Vallières Mill et de la Française Cedrine Kerbaol.