Une nouvelle fois à l’avant vendredi, deux jours après une première échappée en solitaire, l’offensif et espiègle Baptiste Veistroffer a «continué d’essayer».
«C’était encore une super journée en France, Bordeaux est une grande ville avec une magnifique arrivée. Dommage, je n’avais pas de cannelés à l’arrivée», a plaisanté le coureur de Lotto-Intermarché devant son bus après avoir reçu le prix de la combativité, le deuxième pour lui en seulement sept étapes.
Comme annoncé par ses soins, et comme deux jours plus tôt entre Lannemezan et Pau, le Breton de 26 ans est parti dès le kilomètre zéro, confirmant sa volonté de marquer de son empreinte ce début de Tour.
Il a cette fois été accompagné par le Tchèque Jakub Otruba (Caja Rural) pour une échappée longue de 157 km entre les pins landais et les vignes girondines qui n’a jamais compté plus d’une minute et demie d’avance. Le «sanglier de Fouesnant», comme il est surnommé en raison de son style brut et puissant, a au total déjà passé 301 km à l’avant.
Il avait, avant le départ d’Hagetmau vendredi, évoqué les critiques émanant de certaines formations de sprinteurs voyant d’un mauvais œil ses sorties les contraignant à rouler plus que prévu. «C’est sûr que ça me motive encore plus, une minute (d’écart) toute la journée ce n’est pas assez, j’ai parlé avec Mads Pedersen et il m’a dit qu’Alpecin faisait un peu n’importe quoi à laisser un si faible écart», a déclaré Veistroffer.
Le Breton a décidé jeudi qu’il allait «essayer», a rapporté son directeur sportif belge Mario Aerts, au sujet d’un coureur qui a passé les premiers jours à épauler le sprinteur Arnaud De Lie, malade jusqu’à l’abandon lors de la troisième étape.
«On ne savait pas bien s’il pourrait avec les autres équipes, parce que l’autre jour, ils ont quand même dû rouler fort, j’ai entendu», glisse-t-il.
«J’aurais aimé un peu plus d’écart»
«J’aurais aimé un peu plus d’écart pour jouer un peu plus et aller chercher quelque chose de plus intéressant, mais bon, je continue d’essayer», a de son côté lancé Veistroffer devant le car de l’équipe belge.
«Ses parents étaient ici, il voulait bien être sur le podium et donner des fleurs à sa maman», narre encore Mario Aerts, avant que la prophétie ne se réalise quelques minutes plus tard, une fois les obligations protocolaires accomplies. Un bob pour le père, le bouquet du plus combatif pour la mère, puis le Breton a tenté de remonter dans son bus «pour récupérer», avant d’être intercepté par les journalistes : «Alors, en français, en anglais, en néerlandais?», a plaisanté Veistroffer.
«C’est ça qu’il veut, c’est ça qu’il aime, il aime faire des courses, pas seulement sur le vélo, il est très actif aussi hors du vélo», s’amuse son directeur sportif belge.
Veistroffer a également échangé avec son compagnon d’échappée, sur qui il a pu s’appuyer pour prolonger un peu l’épopée du jour. «C’était un bon gars avec moi, on a fait des bons coups de pédale, c’était intéressant à deux, on discutait pour savoir comment on allait gérer ça, je sais qu’il était aussi habitué de certaines échappées», commente-t-il.
Les routes périgourdines, leur panorama de carte postale et les bonnes jambes de Veistroffer pourraient de nouveau animer la 8e étape entre Périgueux et Bergerac samedi.