Accueil | A la Une | Le recteur de l’université ne briguera pas un second mandat

Le recteur de l’université ne briguera pas un second mandat


Son mandat prendra fin comme prévu, en décembre 2027. (Photo: alain rischard)

Le recteur de l’université du Luxembourg, Jens Kreisel, a informé ce vendredi le conseil de gouvernance de sa décision de ne pas solliciter un nouveau mandat, à l’issue d’une année académique tendue.

Le règlement intérieur impose en effet au recteur de faire part de ses intentions au conseil de gouvernance 18 mois avant l’échéance au plus tard. Ce vendredi, Jens Kreisel, en poste depuis le 1er janvier 2023, a ainsi annoncé qu’il ne briguerait pas de second mandat.

Le 31 décembre 2027, il quittera donc sa fonction de recteur de l’université du Luxembourg pour redevenir professeur et chercheur. Dans un courrier interne que nous avons pu consulter, il explique «ne pas avoir pris cette décision à la légère» mais au contraire, «après mûre réflexion».

Il jette un regard satisfait sur ces dix ans passés au sein de la direction de l’institution, d’abord en tant que vice-recteur à la Recherche, puis comme recteur : «Ensemble, nous avons accompli beaucoup de choses, relevé des défis importants, et concrétisé de nombreux projets. Je suis profondément reconnaissant.»

Dans la foulée, le conseil de gouvernance a déclaré accueillir cette décision «avec regrets» et lancer la procédure de recrutement en vue d’une prise de fonction de son successeur au 1er janvier 2028.

Une annonce sur fond de crise

Depuis la rentrée 2025, l’université du Luxembourg traverse une crise interne d’ampleur inédite. Des témoignages recueillis auprès d’étudiants, de doctorants et de professeurs ont révélé un climat qualifié de toxique au sein de l’institution, avec des accusations de harcèlement moral et d’abus de pouvoir.

Face à ces révélations, le recteur Jens Kreisel avait été accusé de minimiser l’affaire, en affirmant que ces situations ne reflétaient ni l’université ni ses valeurs, et se contentant d’annoncer la création d’un groupe de travail pour établir un bilan et formuler des propositions.

Son manque d’empathie envers les victimes présumées avait été pointé du doigt, alors qu’il avait évoqué des «cas individuels», y compris devant les élus qui réclamaient un audit indépendant.

Deux audits ont finalement été commandés, l’un par l’université elle-même, l’autre par le ministère de tutelle. Entre-temps, Jens Kreisel a été absent, en arrêt maladie pendant environ un mois, avant de reprendre ses fonctions début mai 2026, une période durant laquelle un recteur intérimaire a été nommé.

Son retour a coïncidé avec la fin anticipée du mandat d’un vice-doyen contesté, alimentant de nouvelles interrogations sur la gestion de la crise au sommet de l’institution.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.