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[Cyclisme] Tour de France : Paul Seixas pense au podium


Paul Seixas n'a pas démérité mais il subit la loi de Tadej Pogacar. Comme tous les autres coureurs du Tour... (Photo : afp)

À la lutte avec le reste du monde derrière les mastodontes Pogacar et Vingegaard, Paul Seixas a montré qu’il avait les armes pour viser le podium.

Depuis le début de la Grande Boucle et les premiers tours de roue à Barcelone, le jeune leader de la formation Decathlon CMA CGM trépignait à l’idée de la «belle bagarre» qui se profilait en montagne. Le Lyonnais de 19 ans a répondu aux attentes, cinquième d’une étape pyrénéenne où le patron slovène Tadej Pogacar a sorti les griffes pour asphyxier la concurrence.

«C’était très dur honnêtement, je pense que ça allait plutôt pas mal, j’ai géré ma montée et voilà, une petite place à l’arrivée, c’est pas mal», a résumé Seixas à l’arrivée, dans un mélange de simplicité presque enfantine et d’ambition débordante.

Car au moment de quitter le cadre majestueux du cirque de Gavarnie, il pointe certes à 3’55 du quadruple vainqueur du Tour, mais à seulement 28 secondes de la troisième place, occupée par Isaac Del Toro.

Premier test

Dans les pentes du mythique Tourmalet, connues pour mettre chaque coureur à sa place depuis plus d’un siècle, le benjamin du peloton a vécu une plongée dans le grand bain dont il est ressorti ébouriffé mais grandi. «C’était son premier véritable test en haute montagne et je pense qu’il va en tirer de la confiance, on se bat vraiment pour une place sur le podium», s’est réjoui le capitaine de route Tiesj Benoot, précieux pour l’épauler jusqu’au début du Tourmalet.

La journée avait été soigneusement préparée avec une reconnaissance faite «il y a un petit mois maintenant», selon son lieutenant Nicolas Prodhomme, dont l’aide a été cruciale alors que l’Américain Matthew Riccitello n’a été d’aucune aide, très vite lâché.

Decathlon CMA CGM comptait placer un voire plusieurs coureurs dans l’échappée pour avoir «des points d’appui» en vue de l’ascension vers Gavarnie que Prodhomme et Seixas imaginaient «stratégique».

Avec la délicatesse d’un ours des Pyrénées affamé, Pogacar et sa formation ont fait exploser toute velléité tactique à la dynamite, enchaînant des relais toujours plus indécents jusqu’à l’attaque conjointe de Del Toro et Pogacar, à 4,5 km du sommet du géant pyrénéen. Paul Seixas venait d’être replacé par Prodhomme dans la première partie du groupe des favoris.

«On sentait que ça allait bientôt accélérer, donc je lui ai dit : « Moi il ne m’en reste pas beaucoup, je te replace, et après, bon courage à toi »», a raconté Prodhomme. Il en a fallu, du courage, pour Seixas qui a d’abord tenté de prendre la roue de Vingegaard avant de voir Lipowitz revenir sur lui et le dépasser.

Intelligent dans sa gestion

Sans paniquer, intelligent dans sa gestion de l’effort, costaud dans les pourcentages les plus raides, il a su s’accrocher puis monter à son propre tempo afin de revenir sur Del Toro et l’Allemand, troisième du dernier Tour.

«On sait que Tadej, c’est encore un autre niveau, même si Paul progresse hyper rapidement, on sait qu’il en manque un petit peu pour Tadej, mais c’est vraiment encourageant», a jugé Prodhomme.

Le vainqueur de la Flèche Wallonne aura quelques jours pour se remettre des premières secousses, avant de retrouver la montagne la semaine prochaine. «Je crois que le maximum de jours de course consécutifs qu’il a faits, c’est sept ou huit, donc dès samedi ou dimanche il en aura déjà plus», s’est amusé Tiesj Benoot.

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