SAINT-AVOLD Dimanche, la sixième édition du Bouchon de Saint-Avold a rassemblé plus de 150 bolides d’antan, malgré les prix actuels des carburants.
L’odeur de l’essence a fini par devenir presque désagréable. Non pas qu’elle ait perdu son pouvoir d’attraction, mais la hausse historique de son prix à la pompe la poursuit. Pourtant, il suffisait de déambuler sur la place du Marché de Saint-Avold, dimanche, pour se laisser à nouveau séduire par le parfum du carburant à l’occasion de la sixième édition du Bouchon de la ville. Comme à l’accoutumée, l’événement a fait la part belle aux véhicules de jadis, de la Citroën 2 CV que l’on ne présente plus aux tracteurs Lanz Bulldog des années 1950, véritables reliques d’une époque révolue.
«C’est une animation qui fait vivre la ville», se réjouit Michel Fabriol, le président de l’association Idéale DS à l’initiative du rendez-vous. La formule est à prendre au pied de la lettre, puisque, après avoir été exposés sur la place du Marché, ces bolides se sont élancés dans les ruelles de la ville, faisant ainsi battre son cœur au rythme des moteurs d’antan.
Rendez-vous international
Depuis la création de l’événement, l’association Idéale DS veille à fixer ce rendez-vous le dernier dimanche d’avril afin de le faire coïncider avec la Journée nationale des véhicules d’époque célébrée dans toute la France. Mais à Saint-Avold, le Bouchon revêt un caractère particulier : d’abord par la vitalité de la structure organisatrice, forte de 80 adhérents, puis par sa situation géographique, au carrefour de plusieurs frontières. «Il y a des gens du coin, mais aussi des Allemands ou des Luxembourgeois, observe Michel Fabriol. Nous avions peur qu’ils ne se déplacent pas au regard du prix actuel de l’essence, mais nous sommes déjà 150 alors qu’il est seulement 11 h.»
Quelques dizaines de voitures viendront encore grossir les rangs peu avant le départ du cortège à 14 h. Un moment très attendu par de nombreux participants visiblement grisés à l’idée de prendre le volant sous un soleil aussi radieux.
«Ce que j’aime par-dessus tout avec cette voiture, c’est le contact avec la route. Cette sensation d’être au plus près d’elle», confie avec lyrisme Éric Beiner, propriétaire d’une éclatante Mercedes 230 S W111 de 1968. Sa passion, depuis toujours, n’est pas simplement la voiture, mais la «bagnole»; celle des Tontons flingueurs et des années «yéyé». «J’ai eu un coup de cœur pour ses ailes de requin et son double pare-chocs chromé», poursuit-il, reconnaissant avoir mis plusieurs années avant de concrétiser ce rêve, faute de moyens. Une chose qui fait d’ailleurs consensus parmi tous les passionnés : quand on aime, on ne compte pas… et surtout pas les kilomètres.
David Weichert
(Le Républicain lorrain)