ALGRANGE Cortège de motos, sacs remplis de roses et plus de 650 bénévoles mobilisés. L’opération «Une rose, un espoir» est revenue à Algrange pour un week-end placé sous le signe de la solidarité contre le cancer.
«J’ai su que j’étais malade un an après avoir adhéré à l’association « Une rose, un espoir », se souvient Tiffany Fautré, 33 ans. J’ai pu avoir un traitement qui a été financé par les différents dons.» Secrétaire de l’association, Tiffany s’occupe depuis trois ans de la logistique de l’événement printanier. «C’est vrai que c’est beaucoup de boulot, avoue-t-elle. Mais ça touche tout le monde. Et puis, il y a une petite fierté quand on sait que l’argent récolté a servi pour la recherche ou pour acheter du matériel dans tel hôpital.»
À Algrange et environs, bon nombre des bénévoles ont été, de près ou de loin, eux-mêmes confrontés à la maladie. «Ce matin encore, il y avait une dame qui râlait, car elle devait attendre dix minutes que le cortège passe, observe Tiffany. C’est sûr que les personnes qui n’ont pas été concernées n’ont pas la même vision des choses.»
Une organisation millimétrée
Alors que 300 motos s’élancent en cortège dans les rues d’Algrange, avant de se disperser en petits groupes pour les sillonner, sacs à dos remplis de roses, une vingtaine de bénévoles s’affaire à la préparation des repas et des 250 sandwichs. À la chaîne, les gestes s’enchaînent presque sans pause : baguettes ouvertes, garnies, refermées, puis alignées avant d’être expédiées vers les points fixes. Une vingtaine de bénévoles s’affairent dans une organisation millimétrée, entre caisses d’oignons, bacs de frites et steaks hachés à lancer sur le feu. Une logistique pensée au détail pour nourrir plus de 650 personnes en quelques heures.
«Aujourd’hui, il fait beau, mais quand il fait froid et que les gens viennent manger un plat chaud, ils sont contents», confie Cyril Lallier, cuisinier et bénévole depuis six ans. «Je suis là à ma façon.» Ainsi, les arrivées ont été minutieusement échelonnées pour servir des repas chauds à tous les groupes. «J’ai l’habitude du rush, glisse le cuisinier. En fait, c’est beaucoup de logistique en amont et ici, on est une bonne équipe.»
Dix ans après sa création par David Santavicca, la filière algrangeoise poursuit son chemin, forte de sept éditions et d’une mobilisation toujours intacte. Samedi, plus de 650 bénévoles ont répondu présent. L’objectif : distribuer 48 000 roses. Sur le terrain, comme en coulisses, l’organisation tourne désormais à plein régime. Cette année, les frais ont été entièrement pris en charge par des mécènes, permettant ainsi de garantir que chaque don récolté sera intégralement reversé à la Ligue contre le cancer.
Créée en 1998 à Coin-sur-Seille, près de Metz, l’opération Une rose, un espoir rayonne aujourd’hui sur 63 secteurs à travers la France, avec une mobilisation particulièrement forte en Moselle-Nord, territoire le plus engagé.
À moto et aux points relais
Vers 9 h samedi, le cortège des motards d’«Une rose, un espoir» s’est ébranlé dans un vrombissement continu tandis que sur les trottoirs, les passants les saluaient et que d’autres, téléphone en main, capturaient la scène. Si les regards se tournent vers les motards, l’opération s’appuie aussi sur des points fixes, véritables relais de l’opération. Isabelle et Pascal, la soixantaine, étaient venus avec leur toutou, pour assurer le point fixe à l’entrée du Super U d’Algrange. «À l’origine, c’est venu de notre fils, se souvient Isabelle. C’est lui qui a participé à l’opération et nous l’avons suivi.»
Comme bon nombre de bénévoles, eux aussi ont été confrontés à la maladie. «Nos deux parents sont partis de cette façon. Ma sœur a été malade également, confie-t-elle. Je ne sais pas si c’était de l’égoïsme, mais on n’avait pas pensé qu’on pouvait participer.»
À quelque 4 km de là, Léandro, 13 ans, tient le stand installé à l’entrée de la salle Mandela. «Ici, on se relaie, précise-t-il. Je sais que je vais faire les sandwichs plus tard et aider à la préparation des tables.» Guidé par l’exemple de ses parents, il s’investit dans l’opération depuis ses débuts. «J’aimerais bien faire partie du cortège à moto, quand je serai plus grand», confie-t-il. Et de poursuivre : «C’est important de participer dans ce genre d’événements, car ça peut aider beaucoup de personnes malades et sauver des vies.»