Face aux annonces de la direction à Poissy, il y a de l’inquiétude et de la colère au sein des rangs des employés en CDI chez Stellantis. À l’appel national et régional de la CGT, près d’une centaine d’employés de Stellantis, mais aussi d’autres entreprises de la région en lien avec l’automobile, se sont mobilisés devant le site de Metz-Borny ce jeudi 23 avril.
Après Douvrin, au tour du site historique de Poissy (Yvelines) d’être condamné. Et ce, au détriment de certaines lignes de production, selon les syndicaux de la CGT. Exemple même avec Vesoul, qui voit sa ligne d’assemblage de moteurs transférée à Poissy.
«On déshabille un site pour en habiller un autre, et cela concerne l’équivalent de 120 postes», annonce David Blaise, secrétaire adjoint de la Fédération de métallurgie, lors d’une prise de parole ce jeudi 23 avril devant un autre site historique de Stellantis : celui de Metz-Borny.
Ouverte en 1969, l’usine Stellantis de Metz était devenue le principal site de production de boîtes de vitesses pour le groupe. Mais aujourd’hui, les salariés voient «la situation se dégrader», «passant de 2 500 salariés à 1 500 en 10 ans à Borny, dont 70 % sont des intérimaires», selon Jean-Charles Payet, délégué syndical de la CGT.
«Ici, on ne fait plus d’usinage, mais du montage. C’est tout un savoir-faire qui est en train de disparaître.» La faute aux «donneurs d’ordre», qui «font passer l’emploi après la rentabilité financière immédiate et la rémunération des actionnaires».
Même son de cloche au site de Trémery, où sont produits tous types de moteurs : «On est passés de 5 000 salariés à 3 200 aujourd’hui», précise un salarié.
Le Grand Est, une région déjà bien touchée
Plusieurs dizaines d’autres salariés de l’industrie automobile régionale (Daimler Buses, ArcelorMittal, Novasco, etc.) sont venus dénoncer cette «casse» bien française qui, selon eux, n’ira pas en s’arrangeant au vu de la concurrence chinoise, entre autres.
David Blaise rappelait d’ailleurs lors de son discours à quel point la filière automobile du Grand Est a été touchée ces derniers temps avec «la fermeture d’Allgaier à Faulquemont, de Dumarey à Strasbourg et de Mahle Behr à Hambach».
Des sous-traitants de Renault à Argancy étaient également présents. Déjà mobilisés le 15 avril dernier à cause d’une «baisse massive d’activité» due à des volumes plus faibles que prévu, ils annoncent une possible grève lundi prochain si la situation continue.
Pérenniser le site
Chez Stellantis, la bataille ne fait que commencer : une nouvelle mobilisation, cette fois-ci à Poissy, est prévue en juin. En attendant, les salariés revendiquent la «pérennisation du site afin d’usiner les pièces montées pour les boîtes de vitesses et d’avoir des emplois qualifiés et stables», annonce Jean-Charles Payet.
«Les grands patrons veulent une production locale européenne, mais comment faire sans justice sociale et règles communes?», interroge David Blaise.
Contactée, la direction de Stellantis Metz assure que «l’activité est encore forte sur les deux sites. Nous avons encore une vie thermique et un pied dans l’électrique, il n’y a pas d’inquiétude à avoir», selon un porte-parole de la direction.
Pour ce qui est du nombre d’intérimaires : «Ce sont des ouvriers professionnels qualifiés. Nos métiers, autant dans l’assemblage que dans la mécanique, ont toujours été de qualité.»
(Le Républicain lorrain)