Le renforcement du pouvoir d’achat est un soutien à apporter aux entreprises pour conserver la compétitivité et les emplois. Voici les grands objectifs fixés par le Premier ministre, Luc Frieden, pour la tripartite à venir.
Pour le patronat, les discussions devront, par conséquent, tourner uniquement autour des leviers à activer afin de tacler la flambée des prix de l’énergie et ainsi éviter une inflation galopante.
Les syndicats veulent voir plus large. Sur le pouvoir d’achat, l’Union OGBL-LCGB souhaite remettre sur la table une augmentation structurelle du salaire minimum, une option d’ores et déjà rejetée par le gouvernement.
Ces dernières semaines, la liste des thèmes à aborder avait sans cesse enflé : crise du logement, hausse du chômage et réforme du droit du travail. Michel Reckinger, le président de l’union patronale UEL, a raison de marteler qu’il ne sert à rien de «surcharger» l’ordre du jour de la tripartite de juin.
Apporter des réponses pour amortir le choc de la crise énergétique sera déjà suffisamment complexe, d’autant plus que le climat social est très tendu depuis plus de deux ans. Dégager un accord sur un paquet de mesures ciblées et socialement justes constituerait ainsi un succès en soi.
Ce compromis tripartite pourrait également marquer un tournant en matière de dialogue social, au sens plus large. Le ministre du Travail, Marc Spautz, reste ainsi optimiste quant à la possibilité de ramener autour d’une même table syndicats et patronat pour discuter notamment de la réforme de l’organisation du temps de travail et du cadre légal à instaurer pour le travail de plateforme.
Les mesures pour augmenter le taux de couverture des salariés par une convention collective est un autre dossier qui est actuellement au point mort. Ces dossiers n’ont toutefois pas leur place lors de la tripartite qui s’annonce.
Les travaux préparatoires que le Premier ministre entend mener avec les partenaires sociaux contribueront donc au succès ou à l’échec des tractations à venir.
Les trois camps ont tout intérêt à bien cerner les thèmes à aborder. D’une certaine manière, tous les dossiers sont liés. Mais vouloir partir dans tous les sens risque de miner d’emblée une tripartite cruciale pour les ménages, les entreprises et le dialogue social.