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Recyclage politique

En fonction depuis novembre 2023, le gouvernement Frieden-Bettel est arrivé à mi-mandat. Comme il est de coutume en politique, l’action de l’exécutif s’accompagne de critiques. Le contrôle exercé par l’opposition parlementaire – pilier de la démocratie et de l’État de droit – donne lieu à des prises de position parfois très virulentes, manquant parfois d’objectivité. Certains partis qui étrillent aujourd’hui l’action gouvernementale oublient qu’ils faisaient encore récemment partie de la majorité. Une décennie pour déi gréng (2013-2023) et près de vingt ans pour le LSAP (2004-2023). Mais les partis actuellement au pouvoir, le CSV et le DP, peinent eux aussi à reconnaître qu’ils ont, durant de longues années, insuffisamment affronté certains problèmes structurels, au premier rang desquels la pénurie de logements abordables. Le CSV peut certes faire valoir qu’il n’a pas participé au gouvernement entre 2013 et 2023, contrairement au DP. Il n’en demeure pas moins qu’il a largement dominé la vie politique luxembourgeoise, en étant au pouvoir de 1945 à 1974, puis de 1979 à 2013.

On garde l’impression que l’actuel gouvernement Frieden-Bettel est exposé à des vents contraires plus importants que ceux qu’ont dû braver ses prédécesseurs. Son action est-elle pour autant aussi négative qu’on le dit? En tout cas, les mêmes charges reviennent régulièrement dans le camp de l’opposition. La coalition au pouvoir manquerait de vision et de plan d’avenir, et tenterait tant bien que mal de se maintenir jusqu’aux prochaines élections. Les verts ont encore martelé cette critique vendredi (lire ci-dessus). Ce reproche n’est pas neuf. Il n’y a pas si longtemps, le CSV dénonçait le même manque de vision à long terme du gouvernement tricolore formé par le DP, le LSAP et déi gréng.

Il faut créditer le parti d’opposition d’accompagner ses critiques de propositions constructives pour bâtir un «meilleur Luxembourg». Des airs de campagne électorale anticipée sont cependant difficiles à nier. Dans ce contexte, un retour à davantage de clairvoyance s’impose – dans les deux camps. D’autant plus que les cartes seront rebattues après les prochaines législatives en octobre 2028. Les visionnaires d’aujourd’hui pourraient devenir les acteurs de demain, et vice versa.

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