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Salaire minimum : les syndicats rencontrent Spautz


Les coprésidents de l'Union des syndicats, Nora Back et Patrick Dury, ont accepté l'invitation à une réunion de conciliation avec le ministre du Travail, Marc Spautz. (Photo : hervé montaigu)

Le ministre du Travail a fixé rendez-vous ce mardi à l’Union OGBL-LCGB pour clarifier les positions sur une hausse du salaire minimum. Le camp syndical menace de retourner dans la rue.

Ils avaient demandé d’urgence une réunion avec le Premier ministre, Luc Frieden, pour savoir si le gouvernement comptait réanimer un dialogue social qui, selon l’OGBL et le LCGB, serait une nouvelle fois arrivé au «point mort». En cause, le refus présumé de l’exécutif conservateur-libéral de ne pas procéder à une hausse structurelle du salaire minimum. Vendredi matin, l’Union des syndicats fustigeait durement l’absence de concertation et de résultats concrets. «On se moque de nous», avaient clamé les dirigeants. Dans l’après-midi, le ministre du Travail, Marc Spautz, a tenu à souligner que le gouvernement n’avait pas encore acté de décision dans cet épineux dossier.

Finalement, OGBL et LCGB ne vont pas échanger avec le Premier ministre, du moins pas dans l’immédiat. Le ministre du Travail leur a fixé rendez-vous ce mardi après-midi pour clarifier les positions, en présence également du ministre de l’Économie, Lex Delles, et de la ministre de la Sécurité sociale, Martine Deprez. Les deux syndicats ont décidé de donner une suite favorable à l’invitation formulée par Marc Spautz. «On ne veut pas qu’on nous reproche de faire une politique de la chaise vide», affirme Nora Back, la coprésidente de l’Union des syndicats.

Des révélations dans les colonnes du Land ont mené au nouveau clash entre les syndicats et le gouvernement. Selon nos confrères, CSV et DP se seraient mis d’accord pour se limiter à un ajustement légal de 3,8 % au 1er janvier prochain et aux deux tranches indiciaires à venir pour rapprocher le salaire minimum du seuil de 60 % du revenu médian. Une directive européenne invite les États membres à revaloriser leurs revenus minimums.

OGBL et LCGB réclament une hausse structurelle de 300 euros pour arriver à un salaire minimum de quelque 3 000 euros. Ce saut d’environ 12 % permettrait d’arriver aux 60 % du revenu médian. Les 2 700 euros actuels correspondent à 48 % du salaire médian.

Le patronat également convié

Le camp patronal est farouchement opposé à toute augmentation. Il estime qu’au vu de la situation conjoncturelle actuelle, qui risque encore de s’aggraver en raison du conflit armé au Moyen-Orient, une revalorisation du salaire minimum mettrait l’économie nationale à genoux.

La fédération des industriels Fedil avait mis en garde contre une accélération de la «spirale salariale destructrice d’emplois dans le secteur privé». La Fédération des artisans revendique le gel du montant du salaire social minimum pour les personnes non qualifiées et l’abolition du salaire minimum pour les travailleurs qualifiés.

Le camp patronal est également convié ce mardi à un échange avec le gouvernement. Une possible compensation financière pour amortir le choc des entreprises dans le cas d’une augmentation du salaire minimum pourrait être évoquée.

Sans compromis viable, négocié en bonne et due forme, l’OGBL et le LCGB n’excluent pas de se mobiliser en vue d’une nouvelle manifestation nationale. Lors du congrès du CSV, samedi dernier, le Premier ministre, Luc Frieden, s’était dit convaincu qu’une solution équilibrée pourrait être trouvée.

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