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Benelux : «Nous avons une opportunité de prendre le lead en Europe»


Les Premiers ministres Luc Frieden et Bart De Wever ont eu une entrevue bilatérale avant de rejoindre les délégations de ministres, réunies à Luxembourg. (Photo : sip/emmanuel claude)

Le Premier ministre belge appelle ses homologues luxembourgeois et néerlandais à refaire du Benelux un «laboratoire d’innovation» pour faire avancer l’Europe dans son ensemble.

Le traditionnel sommet «Gäichel» – lieu de la première réunion formelle, il y a 22 ans, entre les gouvernements luxembourgeois et belge –  était organisé, lundi, pour la 13e fois. Au programme, un très large éventail de sujets et de dossiers, qui dans leur ensemble doivent permettre de renforcer un «partenariat privilégié» marqué par une «amitié unique» entre deux pays voisins.

Ce sont les mots choisis par les Premiers ministres du Grand-Duché et de Belgique au moment de se présenter face à la presse. Autre signe de l’amitié qui lie les deux pays : Luc Frieden a accueilli son homologue en flamand tandis que Bart De Wever a prononcé quelques mots en luxembourgeois. Les deux chefs de gouvernement ont poursuivi leurs déclarations en… anglais.

Au-delà de la forme, le fond constructif a dominé cette rencontre de haut niveau, marquée par la présence, de part et d’autre, de larges délégations ministérielles. Parmi les nouvelles coopérations, officialisées lundi, figure un partenariat sur l’utilisation par la Belgique de capacités du second satellite de communication militaire luxembourgeois, baptisé GovSat-2. Un autre engagement, encore une fois renouvelé : réduire, à l’horizon 2030, la durée du trajet sur la ligne ferroviaire entre Luxembourg et Bruxelles à 2 h 05.

Luc Frieden et Bart De Wever ont placé la coopération bilatérale dans un contexte plus large, en incluant dans leurs réflexions le Benelux, soit l’union formée par la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. «La situation géopolitique nous amène à coopérer encore plus étroitement ensemble. Il est très important que nous coordonnons nos positions pour renforcer notre voix en tant que Benelux au sein du Conseil européen», souligne le Premier ministre luxembourgeois. «Nous sommes largement alignés pour aborder les nombreux défis auxquels on fait face au niveau bilatéral, du Benelux et à l’échelle européenne. Nous sommes des petits pays assez modérés, qui sont d’accord sur la voie que l’UE doit suivre», ajoute le Premier ministre belge.

Des compétences complémentaires

Bart De Wever s’est montré ambitieux dans ses propos. Il a vanté le rôle du Benelux comme «laboratoire d’innovation et de coopération». «Nous avons une opportunité de prendre le lead en Europe. Une Europe qui doit évoluer. Ceci est le moment où des pays comme les nôtres peuvent donner l’exemple. Le Benelux a été un pionnier pour faire de l’UE ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Nous devons encore jouer un rôle d’avant-garde», avance le Premier ministre belge.

Il pense plus particulièrement à la création d’un véritable marché intérieur pour l’échange de biens, de services, d’énergie ou de capitaux, sans oublier la libre circulation des personnes. «Je suis vraiment convaincu que l’Europe peut réussir ce saut quantique», souligne Bart De Wever, qui trouve en Luc Frieden un allié pour mener à bien cette réforme.

Le Grand-Duché et la Belgique veulent aussi aller de l’avant en ce qui concerne la coopération dans la transition énergétique et numérique.

«En tant que pays qui importe la plupart de son énergie, il est important d’entretenir de bonnes relations avec ses voisins. Si nous voulons développer davantage les énergies renouvelables, il faut aussi s’appuyer sur des pays amis», fait remarquer Luc Frieden. «Même si le contexte actuel est très compliqué en matière d’énergie, nous devons continuer à travailler ensemble et se partager les défis à relever. Notre coopération repose sur une complémentarité de nos compétences. La Belgique apporte son expertise dans l’approvisionnement fiable en gaz et dans le développement de l’énergie offshore. Le Luxembourg est engagé pour développer des solutions de financement novatrices et soutient pleinement la Coordination énergétique de la mer du Nord», développe Bart De Wever.

Le «laboratoire d’innovation» doit finalement aussi permettre d’avancer dans la conduite autonome et automatisée tout comme la cybersécurité, l’intelligence artificielle et les technologies quantiques.

 

Le télétravail, une des barrières à supprimer

Le gouvernement de Bart De Wever est-il prêt de revoir à la hausse le nombre maximal de jours de télétravail accordés aux 52 000 frontaliers belges? Le quota actuel est fixé à 34 jours par an. «Il existe un problème fiscal. Je ne peux pas vous donner de solution aujourd’hui, mais vous livrer la motivation pour obtenir cette solution», affirme le Premier ministre belge. Il place la discussion sur le télétravail dans un contexte économique plus large. Bart De Wever a ainsi invité ses homologues du Benelux à mettre en place une taskforce appelée à «identifier les barrières existantes qui empêchent les citoyens et les entreprises à travailler avec succès dans les trois pays». «Je pense qu’il ne faut pas interdire les moyens modernes pour travailler au niveau transfrontalier. Et il doit être évident que nous faisons tout pour favoriser l’activité au sein d’un même espace économique qu’est le Benelux», conclut le Premier ministre belge.

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