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[Série] Margaret Atwood, la vraie star de «The Testaments»


(Photo : disney)

SÉRIE The Handmaid’s Tale s’est conclue en 2025 après six saisons. En avril, place à The Testaments, suite de la saga emblématique imaginée par la romancière Margaret Atwood, toujours aussi impliquée dans cette nouvelle adaptation.

«La rencontrer, c’était un immense honneur pour moi», raconte l’actrice Chase Infiniti à propos de l’autrice culte Margaret Atwood, qui a participé à l’adaptation en séries de ses romans dystopiques sur l’oppression des femmes The Handmaid’s Tale et sa suite, The Testaments, présentée ce week-end au festival Séries Mania à Lille.

«C’était incroyable de rencontrer celle qui a créé cet univers dans lequel nous vivons» dans la fiction, poursuit l’actrice de 25 ans, révélation du cinéma américain en 2025 pour son rôle dans One Battle After Another de Paul Thomas Anderson, et qui tient le rôle principal dans The Testaments.

«La manière dont j’en parle, on dirait que c’est Dieu», ajoute-t-elle dans un éclat de rire, «mais elle a créé Gilead», la théocratie autoritaire et patriarcale qui a remplacé la démocratie américaine dans ses romans.

Publié en 1985, La Servante écarlate, peinture glaçante d’une société où, après une catastrophe écologique, les dernières femmes capables d’avoir des enfants sont réduites à l’état d’esclaves sexuelles, a connu une nouvelle vie à partir de 2017 avec sa transposition en une série qui a duré six saisons.

«J’étais lycéenne quand (The Handmaid’s Tale) est sorti, et je me souviens très bien à quel point ça crevait l’écran», se souvient Chase Infiniti, moins d’une semaine après avoir foulé le tapis rouge des Oscars à Hollywood.

Adolescentes endoctrinées

The Testaments adapte la suite du roman culte, publié en 2019, et sera diffusée à partir du 8 avril sur Disney+. L’histoire se déroule une quinzaine d’années après l’avènement du régime de Gilead.

On y suit de jeunes adolescentes endoctrinées, comme Agnes (Chase Infiniti) ou Daisy (Lucy Halliday), éduquées dans une institution stricte et promises au statut d’épouses soumises sous l’œil de Tante Lydia (Ann Dowd), autre personnage emblématique de l’histoire.

«Maintenant, on est avec les femmes qui sont au sommet. Et pourtant, c’est tout aussi horrible», décrit le créateur de la série, Bruce Miller, entouré de l’équipe devant la presse à Lille samedi.

Elle reçoit tous les scripts… et elle a vu tous les épisodes

Margaret Atwood, «c’est la plus active de tous, à 86 ans, elle est très impliquée depuis le début», raconte-t-il. «Elle reçoit tous les scripts… et elle a vu tous les épisodes» des deux séries.

Bruce Miller confie que cette présence l’a parfois intimidé : «Elle était plus à l’aise de voir ses œuvres adaptées que moi.»

Force et espoir

L’œuvre de la Canadienne a un écho particulier aux États-Unis, où le costume rouge porté par les servantes est devenu un signe de ralliement dans des manifestations anti-Trump.

«C’est tellement puissant, vous vous sentez tellement privilégiés, quand votre travail sort du salon et va dans la rue», salue Ann Dowd. «Je me sens très fière de faire partie d’une histoire qui peut montrer au monde ce qu’il est et, d’une certaine manière, présenter un miroir à la société», renchérit Chase Infiniti.

Les fans verront dans le personnage d’Agnes quelques indices pour nouer des liens avec l’histoire de The Handmaid’s Tale. Quinze ans après, la résistance n’a pas désarmé et June, l’héroïne originelle incarnée par Elisabeth Moss, n’a pas disparu.

«Dans ces moments d’oppression et de silence, voir que les femmes de cette histoire trouvent de la force et de la voix, et parviennent à surmonter leurs épreuves, cela me donne beaucoup de force, et j’espère que le public ressentira la même chose en regardant la série», ajoute Chase Infiniti.

«Le fait que (Margaret Atwood) ait écrit The Testaments pour dire « il y a de l’espoir à Gilead », c’est sa façon de dire qu’il y a de l’espoir, dans le monde en général, pour les femmes qui avancent», estime Bruce Miller.

The Testaments, de Bruce Miller.
Dès le 8 avril sur Disney+.

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