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[LuxFilmFest] L’important, c’est la rose


Markus Schleinzer présente son film «Rose» en ouverture du festival. (Photo : margaux gatti)

Pour sa première édition depuis la disparition de Colette Flesch, le LuxFilmFest porte fièrement l’héritage engagé et humaniste de son initiatrice, symbolisé par la couleur rose.

Le rose est la couleur symbolique de cette 16e édition du LuxFilmFest. Une couleur porteuse d’amour, d’espoir, de fraternité et d’originalité dans un monde tétanisé où, c’est le moins que l’on puisse dire, tout n’est pas rose. C’est peut-être la raison pour laquelle, au cours de la cérémonie d’ouverture, jeudi soir, les personnalités qui se sont succédé sur scène ont préféré la sobriété aux habituels discours bavards. Les films seront visibles pendant dix jours, accessibles à tous, et ils parlent d’eux-mêmes. Si les nouvelles dans l’actualité géopolitique courent à un rythme effréné, le festival a le pouvoir de figer le temps et, simultanément, de garder une longueur d’avance. Car ce qui était vrai il y a quatre ou vingt ans (les images d’archives qui constituent le documentaire en compétition With Hasan in Gaza, la guerre en Ukraine qui chamboule la vie du couple de How to Divorce During the War…) le sera toujours plus demain.

Le Luxembourg City Film Festival a passé ses quinze premières années à bâtir sa réputation, à accroître sa qualité, à défendre sa ligne éditoriale. Maintenant qu’il est devenu un rendez-vous prisé sur la scène internationale (avec cette année encore des jurys et invités de très haute tenue, d’Isabelle Huppert à Peter Doherty), il entend se tenir à la hauteur de l’héritage de Colette Flesch, son initiatrice et ancienne présidente qui a reçu d’émouvants hommages. La première femme bourgmestre de Luxembourg a assurément transmis ses «valeurs humaines» et son «courage intrépide» comme bases de cette belle histoire qui s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre.

En présentant en ouverture du festival Rose, son long métrage en compétition, le cinéaste autrichien Markus Schleinzer a mis l’accent sur l’importance d’un tel évènement : «La salle de cinéma est un microcosme de la société», a-t-il lancé, appelant implicitement à la considérer comme un rempart contre la «manipulation» omniprésente, tout en se sachant «de plus en plus menacée». C’est l’essence même de ce festival, que l’on voit tout particulièrement cette année comme l’îlot politique dont on a besoin : accueillant, éveillé, libre. Plus important encore, il donne le temps de réfléchir, de discuter, de débattre, dans les salles et en dehors, sur les urgences du monde. Comme chacun le sait, il n’y a pas de roses sans épines.

 

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