Méfiante à l’idée de s’impliquer directement dans la guerre contre l’Iran, l’Europe se retrouve néanmoins entraînée dans le conflit à la suite des attaques contre Chypre et ses alliés dans le Golfe.
Plusieurs États européens se sont engagés à fournir une aide militaire à Chypre, membre de l’UE, et au Golfe tout en soulignant leurs objectifs «défensifs», alors que le conflit au Moyen-Orient s’intensifie et s’étend.
Plusieurs États autorisent également l’armée américaine à utiliser leurs bases à certaines conditions, notamment celle de ne pas les utiliser pour lancer des raids aériens.
«Nous ne sommes pas en guerre et nous ne voulons pas entrer en guerre», a déclaré jeudi la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, à la radio RTL 102.5.
Voici les principales promesses d’aide militaire faites par l’Europe à ce jour.
Royaume-Uni
Une frappe de drone de fabrication iranienne a touché lundi la piste d’atterrissage de la base aérienne britannique d’Akrotiri, à Chypre. D’autres drones, probablement lancés depuis le Liban par le groupe islamiste Hezbollah soutenu par l’Iran, ont été interceptés. Ils visaient également la base aérienne d’Akrotiri.
Le Royaume-Uni a indiqué qu’il allait envoyer en Méditerranée orientale un navire de guerre, le HMS Dragon, équipé d’un système de missiles Sea Viper capable de lancer huit missiles en moins de 10 secondes.
Le pays va déployer également des hélicoptères Wildcat équipés de missiles Martlet capables d’abattre des drones. Ils sont attendus à Chypre «dans les prochains jours», selon Londres.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a d’abord refusé de jouer un rôle dans la guerre, mais a ensuite accepté la demande des États-Unis d’utiliser deux bases militaires britanniques à des «fins défensives spécifiques et limitées». Jeudi, il a annoncé l’envoi de quatre avions de combat Typhoon au Qatar.
Le refus initial de Keir Starmer a suscité la colère du président américain, Donald Trump, qui a déclaré que le dirigeant britannique n’était «pas Winston Churchill».
Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne se sont déclarés prêts à des «actions défensives» à la suite des attaques iraniennes contre plusieurs États du Golfe.
France
La France envoie son porte-avions, le Charles-de-Gaulle, en Méditerranée orientale. Il transporte à son bord 20 avions de combat Rafale ainsi que deux avions radar Hawkeye.
Le président français, Emmanuel Macron, a également annoncé l’envoi d’unités de défense aérienne supplémentaires à Chypre. Il a précisé que des avions Rafale, des systèmes de défense aérienne et des avions radar embarqués étaient déployés dans la région.
La France a déjà déployé sa frégate Languedoc au large de Chypre. En décembre 2023, ce navire a utilisé ses missiles Aster pour abattre des drones lancés depuis le Yémen par les rebelles houthis, alliés de l’Iran, qui visaient des navires dans la mer Rouge.
Paris a annoncé jeudi avoir accepté sur une base du sud-est des avions américains «de soutien», pas de combat.
Grèce
La Grèce a envoyé à Chypre deux frégates et quatre avions F-16. Elle a également autorisé les États-Unis à utiliser la base militaire de Souda, en Crète.
Italie
Rome a déclaré qu’elle enverrait des «moyens navals» à Chypre dans les prochains jours, aux côtés de la France, des Pays-Bas et de l’Espagne.
L’Italie s’est également engagée à fournir des «systèmes de défense aérienne, antidrones et antimissiles» à ses partenaires du Golfe. Selon les médias italiens, cette aide pourrait inclure le très convoité système de défense aérienne SAMP/T.
Selon le ministre de la Défense, Guido Crosetto, les bases aériennes italiennes pourraient être utilisées par les États-Unis pour fournir un «soutien logistique» à des «avions non destinés au combat» dans le cadre des accords existants.
Espagne
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a clairement exprimé son opposition à la guerre, entraînant une altercation verbale avec Donald Trump.
L’Espagne a annoncé qu’elle n’autoriserait pas l’armée américaine à utiliser ses bases, ce qui a poussé Donald Trump à menacer de rompre toutes les relations commerciales avec Madrid.
L’Espagne a néanmoins précisé qu’elle enverrait sa frégate la plus moderne, le Cristobal Colon, pour protéger Chypre. Le navire «offrira une protection et une défense aérienne» et «soutiendra toute évacuation de civils», selon Madrid.