Le placement au centre pénitentiaire de Luxembourg de l’adolescente responsable de l’attaque au couteau dans un lycée est symptomatique des défaillances du système, dénoncent les Ombudsmen.
Interdire le placement d’enfants et d’adolescents en prison pour adultes, créer des unités thérapeutiques et criminalistiques sécurisées adaptées ainsi que renforcer durablement les capacités en psychiatrie juvénile. Après l’agression à l’arme blanche d’une lycéenne par une de ses camarades, l’Ombudsman, en sa qualité de Contrôleur externe des lieux privatifs de liberté (CELPL), et l’Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher (Okaju) partagent une nouvelle fois leurs recommandations et leurs préoccupations.
L’adolescente de 14 ans qui a porté les coups de couteau a été placée au centre pénitentiaire de Luxembourg (CPL) faute de places disponibles à l’Unisec du Centre socio-éducatif de l’État (CSEE) à Dreiborn. Pour les deux auteurs du communiqué, «la saturation récurrente de l’Unisec ne peut continuer à justifier de tels placements». Le recours à toute mesure privative de liberté doit être une mesure de dernier ressort, selon Claudine Konsbruck et Charel Schmit. Enfants et adolescents doivent pouvoir bénéficier au moins des mêmes droits et garanties procédurales que les adultes.
Pas une solution appropriée
Le placement de l’adolescente au centre pénitentiaire ne serait pas une solution appropriée. Il mettrait également en évidence l’absence d’alternatives adaptées au Luxembourg, comme les places et l’accès à une prise en charge spécialisée adaptée en temps utile en psychiatrie juvénile, tant stationnaire qu’ambulatoire.
Les deux ombudsmen plaident en faveur de la mise en place nécessaire d’une «meilleure coopération interinstitutionnelle afin d’améliorer l’échange d’information et la coordination des prises en charge individuelles des enfants et adolescents, afin de mieux planifier les besoins au niveau national et de privilégier des alternatives non privatives de liberté».
Il y a du pain sur la planche et cette «nouvelle incarcération illustre de nouveau des défaillances systémiques». La balle est dans le camp des responsables politiques, appelés à «mettre en place, sans délai, des solutions conformes aux textes internationaux et aux droits et aux besoins spécifiques des enfants et adolescents».