Après l’annonce du gouvernement allemand, le 16 février, de poursuivre ses contrôles à la frontière, le ministre des Affaires intérieures, Léon Gloden, a réagi.
Le statu quo se poursuit, comme l’ont sans doute remarqué les frontaliers allemands : pour lutter contre l’immigration illégale, les contrôles allemands ont toujours lieu. Le ministre luxembourgeois des Affaires intérieures, Léon Gloden, durcit le ton ce mardi contre la nouvelle prolongation de ces contrôles… tout en maintenant le dialogue avec Berlin. Dans sa réponse à une question parlementaire du député LSAP Yves Cruchten, détaille cette position d’équilibriste.
Il commence par affirmer que la position du Luxembourg reste «inchangée» : «pas de contrôles aux frontières intérieures de l’espace Schengen», mais un renforcement des contrôles aux frontières extérieures de l’UE. Il insiste : «Les traités de Schengen doivent être respectés.»
Le ministre va plus loin en estimant que les contrôles menés par la police fédérale allemande «ne sont pas proportionnés» et «ne sont pas conformes au Code frontières Schengen», ajoutant que leur prolongation intervient «en contradiction avec le droit primaire et secondaire de l’UE».
L’UE appelée à la rescousse
Face à cette situation, le Luxembourg a de nouveau saisi la Commission européenne. Léon Gloden précise avoir introduit une objection écrite, la «troisième plainte» du Luxembourg sur ce dossier, après des courriers déjà envoyés en février et août 2025. Il indique aussi avoir abordé le sujet le 23 février dernier à Bruxelles avec le commissaire européen Magnus Brunner.
Le ministre critique par ailleurs l’exécutif européen pour son manque de réactivité. Il regrette que la Commission n’ait pas encore publié sa position sur la «nécessité» et la «proportionnalité» des contrôles allemands, alors qu’elle aurait dû le faire après la notification d’août 2025. Même si Magnus Brunner lui a assuré qu’une prise de position serait publiée «dans les prochaines semaines», Léon Gloden estime que la Commission ne joue pas «dans une mesure suffisante» son rôle de «gardienne des traités».
Malgré ces critiques, le gouvernement luxembourgeois exclut une action devant la CJUE contre l’Allemagne. Le ministre justifie ce choix par les bonnes relations entre les deux pays : «Le Luxembourg et l’Allemagne ne sont pas seulement voisins. Nous sommes partenaires et amis» et les désaccords doivent, selon lui, se régler «par le dialogue et sur un pied d’égalité».
Le ministre affirme avoir rappelé au chancelier allemand, Friedrich Merz, le 18 février, la nécessité d’une fin prochaine des contrôles, en soulignant leurs effets sur le quotidien des frontaliers. «Il ne faut pas que des frontières renaissent dans les têtes. Schengen doit vivre», conclut-il.