SKI DE FOND Samedi, Johannes Klaebo a décroché l’or lors du 50 kilomètres et sa sixième victoire en autant de courses, dans le Val di Fiemme.
Après cet exploit historique accompli au prix de «beaucoup de sacrifices», l’insubmersible Norvégien de 29 ans avait du mal «à trouver les mots» pour décrire ce qu’il ressentait. «Après les Mondiaux l’an dernier, on savait que c’était possible, mais réussir à le faire…», a souligné le fondeur scandinave, auteur d’un exploit similaire chez lui à Trondheim en 2025. «Il y a des choix à faire et nous avons fait tous les bons cette année», s’est-il félicité.
Épuisé en franchissant la ligne d’arrivée de ce «marathon» terminé par un triplé norvégien, Klaebo s’est laissé tomber sur la neige après la conquête de son onzième titre, en trois participations aux Jeux olympiques d’hiver (2018, 2022 et 2026).
Impossible de lutter…
Le reste du monde n’a pas pu lutter avec «l’express» norvégien composé de Klaebo, Martin Nyenget (argent) et Emil Iversen (bronze) qui a fait la course en tête pendant la majeure partie de la course. Iversen a décroché dans les quatre derniers kilomètres. Et Klaebo, comme à son habitude, a placé une accélération fatale pour se défaire de Nyenget et remporter la course après 2 h 07 d’effort.
L’insatiable Scandinave a donc réédité l’exploit exceptionnel réalisé lors des Mondiaux-2025 où il s’était déjà paré des six médailles d’or. Rares sont les athlètes à avoir réussi le grand chelem aux Jeux d’hiver.
Le patineur de vitesse américain Eric Heiden l’avait fait en 1980 à Lake Placid (États-Unis) en glanant les cinq épreuves individuelles au programme (500 m, 1 000 m, 1 500 m, 5 000 m et 10 000 m). Le roi du biathlon, le Norvégien Ole Einar Bjoerndalen, avait lui aussi réussi cette prouesse en 2002 à Salt Lake City en s’imposant dans quatre courses, dont un relais par équipes.
Klaebo, lui, en a gagné six – quatre individuelles et deux par équipes – et prouvé qu’il était bel et bien le meilleur fondeur de tous les temps.
Une légende olympique
En l’absence de son rival russe Alexander Bolshunov, non autorisé à participer aux JO sous bannière neutre, Klaebo aura battu le record de titres des Jeux d’hiver qui culminait à 8 médailles d’or avant ces JO en Italie. Il est aussi devenu le deuxième athlète le plus sacré des JO, été et hiver confondus, derrière le nageur américain Michael Phelps, lauréat de 23 médailles d’or de 2004 à 2016.
«C’était la légende de notre sport, là c’est la légende olympique. Remporter les six courses l’an dernier à Trondheim puis les six courses ici, je ne dirais pas que c’est un exploit digne de Nadal à Roland-Garros (titré quatorze fois) mais peut-être pas loin… Toutes disciplines confondues, c’est un truc de fou!», a estimé le Français Théo Schely, auteur d’une belle quatrième place.
La Suédoise Ebba Andersson, héroïne malheureuse du relais des JO-2026, a remporté le 50 km femmes, offrant à son pays un cinquième titre olympique en six épreuves féminines de ski de fond au programme à Tesero. Andersson est devenue la première championne olympique de l’histoire sur 50 km qui remplace désormais au programme le 30 km, devant la Norvégienne Heidi Weng, la seule à l’accompagner jusqu’au km 30 de ce «marathon» disputé en style classique, mais reléguée à 2’15″3 sur la ligne d’arrivée. La troisième place est revenue au terme d’un final indécis mettant aux prises cinq skieuses à la Suissesse Nadja Kaelin, à plus de six minutes d’Andersson.