Au moins, le LSAP se dit conscient de porter une part de la responsabilité dans les conditions d’accueil indignes des personnes cherchant refuge au Luxembourg.
«Nous avons mis en place, dans l’urgence déclenchée par la guerre en Ukraine, les structures de primo-accueil. Nous n’avons peut-être pas pensé suffisamment sur le long terme», affirmait lundi Olivier Cano, membre du comité directeur.
En effet, c’est l’ancien ministre socialiste Jean Asselborn qui a dû, en 2022, trouver en très peu de temps des solutions pour faire face à l’arrivée simultanée de demandeurs d’asile et de personnes fuyant la guerre en Ukraine.
Le grand chapiteau au Kirchberg, installé non loin de la Coque, est devenu le point d’accueil central pour les nouveaux arrivants.
Près de quatre ans plus tard, les conditions d’hygiène les plus basiques ne peuvent plus être assurées sur ce site improvisé.
Des conditions de vie «indignes» qui constitueraient une «honte pour le pays», clame le LSAP. Le parti d’opposition admet aussi que le «nerf de la guerre» pour libérer des capacités dans les structures et pour encourager l’intégration reste encore et toujours le manque de logements sociaux à prix abordables.
Un problème structurel qui touche autant les résidents aux revenus modestes que les réfugiés autorisés à s’installer durablement au Grand-Duché. Les personnes qui ont fui l’Ukraine bénéficient d’office d’un statut de protection, une nouvelle fois prolongé jusqu’en mars 2027.
Un soulagement pour les concernés, mais un défi supplémentaire à relever par les responsables politiques.
L’association LUkraine plaide pour une décentralisation des structures d’accueil. Plutôt que de concentrer les personnes dans de grands foyers, elle estime qu’il serait plus pertinent d’installer des conteneurs modulaires, adaptés aux capacités d’accueil de chaque localité.
Le LSAP veut désormais obliger les communes à loger des personnes bénéficiant de la protection internationale. Deux pistes qui méritent d’être examinées sérieusement par le gouvernement.
Se contenter de prendre son bâton de pèlerin pour dénicher, au cas par cas, de nouvelles capacités ne suffit plus. Une approche plus structurée, contraignante et équitable semble désormais incontournable.