Crooner de l'intime, avec The Smiths comme en solo, Morrissey a fait de la gêne, du désir et du ressentiment de la pop lettrée de grande classe. L'idole des jeunes et des moins jeunes sera en concert à la Rockhal le 20 février.
The Smiths : la voix pop(ulaire)
Au début des «eighties», le rock anglo-saxon bascule : sous les néons et le vernis des hit-parades, quelque chose réclame de nouveau du bois, des cordes et des phrases qui piquent. Manchester voit surgir The Smiths en 1982 : le timbre grave et mélancolique de Steven Patrick Morrissey se greffe à la guitare de Johnny Marr, accompagnés par Andy Rourke à la basse et par un Mike Joyce qui mène les morceaux à la baguette. Leur éthique fait date. C'est l'esprit «DIY» de l'indie britannique, opposant aux stars clinquantes un rock brut et poétique, avec ce sentiment qu'on peut encore faire beaucoup avec peu, pourvu que la phrase tombe juste et que la gratte accroche encore les tympans.
Dès l'origine, Morrissey cultive l'image d'introverti avec une élégance «british», tandis que The Smiths donnent une voix aux jeunes victimes de l'aliénation sociale, en parlant d'isolement, de dépression et de frustration quotidienne. La pop est la voix des classes populaires. Dans l'Angleterre de Thatcher, minée par le chômage de masse, les grèves ouvrières et la désillusion, le groupe adopte un ton «engagé», mais sarcastique. Du premier album du même nom en 1984 à Strangeways, Here We Come en 1987, le groupe est alors, par un mélange d'empathie et d'ironie acerbe, l'exutoire d'une jeunesse désabusée, son compagnon de révolte contre l'Angleterre de l'ère ...
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