Le plus grand sportif luxembourgeois de l'histoire a pris de longues minutes pour revenir sur sa fantastique carrière.
Votre adversaire le plus fort?
Marc Girardelli : Pour moi, c'était bien sûr Pirmin Zurbriggen. Pendant dix ans, on s'est partagé le gros globe. Entre 1984 et 1993, il y a juste une fois Paul Accola qui s'est intercalé entre nous. Sinon, c'était seulement Zurbriggen et moi. Le troisième était tellement loin de nous qu'on savait dès le mois de février que ce serait l'un de nous. Un peu comme ce que fait Odermatt maintenant, le plus grand coureur des cinq ou six dernières années. Et qui était lui-même le successeur de Marcel Hirscher.
Vous êtes resté en contact?
Pendant ma carrière, je ne pense pas avoir échangé plus de trois phrases avec Zurbriggen, quand on se retrouvait sur le podium. Mais maintenant, cette rivalité de quinze ans s'est changée en une amitié très profonde plus tard avec lui, sa femme Monique et ma compagne. Il y a beaucoup de respect entre nous.
Vous avez gagné dans toutes les disciplines. Quelle était votre favorite?
Le slalom géant, même si ce n'était pas ma meilleure discipline. En descente et en super-G, il y a un gros stress par rapport à la vitesse et au danger. Je me suis blessé plusieurs fois en super-G et en descente.
Le slalom, c'est aussi stressant, parce qu'une toute petite faute peut te faire abandonner ou perdre beaucoup de temps. En géant, en revanche, tu as toujours un peu de temps pour corriger une erreur. Tu n'abandonnes presque jamais, tu es presque toujours à l'arrivée. Pour moi, c'est la discipline la plus naturelle et la moins stressante.
Marc Girardelli au départ de la descente olympique. (Photo : dr)
Qu'est-ce qui faisait que vous étiez le meilleur?
J'aimais toutes les disciplines. Avant chaque compétition, j'avais pour seul objectif de gagner. Que ce soit en géant, en descente, en super-G. Que j'aie des problèmes physiques ou pas, un bon matériel ou pas, que je sois en forme ou pas. J'étais simplement toujours convaincu que j'étais dans la possibilité de remporter la compétition. Parfois ce n'est pas possible.
Il y a même des fois où j'ai terminé dernier. Je revenais d'une grave blessure au dos à Sestrières. J'ai fait une pause de presque 12 mois. Il y avait un super-G à Valloire. J'avais le dossard 12. À l'arrivée, je suis 12e... Et après 65 coureurs, j'étais 65e. Dernier. Pour moi, c'était un choc incroyable. Le lendemain, sur la même piste, je participe à une Coupe d'Europe... et pourtant je termine encore dernier.
Après, j'ai réfléchi à ce que j'avais changé ...
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