Premier skieur suisse double champion olympique de l’histoire, Franjo von Allmen a l’occasion de rejoindre Toni Sailer et Jean-Claude Killy dans la légende avec un troisième titre sur une même édition des Jeux lors du super-G ce mercredi (11 h 30) sur la Stelvio à Bormio.
Sacré champion olympique de la descente samedi puis du combiné par équipes lundi, Von Allmen est déjà entré dans (l’immense) histoire du ski suisse à 24 ans, dès ses premiers Jeux. Ce mercredi, il a l’occasion de rejoindre définitivement le panthéon du ski alpin avec un triplé rare, réalisé seulement à deux reprises, la dernière fois il y a 58 ans.
Un comble pour le skieur de Boltigen qui répète depuis une semaine qu’il skie d’abord pour le plaisir de la glisse et que les JO n’ont jamais représenté un rêve de gosse.
«Vous savez, je ne suis pas très fort en histoire», sourit-il quand on lui apprend que seuls Toni Sailer en 1956 et Jean-Claude Killy en 1968 ont réussi un triplé en ski alpin lors d’une même édition des Jeux. À l’époque, l’Autrichien et le Français avaient fait un carton plein en décrochant l’or sur les trois seules épreuves au programme (descente, géant, slalom). Il en existe désormais cinq, avec l’ajout du super-G et du combiné par équipes, mais Von Allmen ne court que les deux disciplines de vitesse et le combiné.
«Bien sûr, j’aimerais bien gagner encore. Mais pour décrocher une troisième médaille, et encore plus une troisième médaille d’or, il faudrait que toutes les planètes s’alignent», a-t-il souligné lundi après son titre en combiné par équipes. «Je vais essayer de skier détendu et puis on verra s’il y a la place pour une troisième médaille», a-t-il ajouté, inébranlable sourire aux lèvres.
Odermatt sous pression
Même s’il affirme qu’il ne se sent «pas du tout comme la star de l’alpin», Franjo von Allmen vole la vedette depuis le début des Jeux à son coéquipier Marco Odermatt, le n° 1 mondial à qui on promettait une razzia à Bormio. Quadruple vainqueur du gros globe de cristal, Odermatt visait trois voire quatre médailles d’or en Italie. Il en obtiendra au maximum deux.
En descente samedi, il a terminé à une frustrante mais logique quatrième place, relégué à 70 centièmes de la victoire après une prestation sur la Stelvio bien mois tranchante que celle de ses rivaux sur le podium.
Lundi en combiné, Odermatt a terminé troisième de la manche de descente, devant Von Allmen, et pouvait compter sur le papier sur son binôme Loïc Meillard pour aller chercher l’or. Mais le champion du monde du slalom est passé à côté de sa manche et le duo a terminé deuxième derrière… Von Allmen et Nef, qui a créé la surprise en réalisant la manche de sa vie en slalom.
Avec une seule médaille d’argent en deux courses, les comptes n’y sont pas. Mais «Odi» a l’occasion de se rattraper en super-G, discipline où ses excellentes qualités techniques de skieur polyvalent s’expriment mieux qu’en descente. Champion du monde dans la discipline l’année dernière, il a remporté le dernier super-G avant les Jeux à Kitzbühel fin janvier, et devrait s’élancer ce mercredi le couteau entre les dents.
Von Allmen ne s’est imposé qu’une fois en super-G en Coupe du monde mais il est sur un nuage, en pleine confiance, et reste sur trois podiums consécutifs dans la discipline en Coupe du monde. Les Autrichiens emmenés par Vincent Kriechmayr et les Italiens Giovanni Franzoni et Dominik Paris, devraient aussi se mêler à la bagarre.