La star allemande de l’art contemporain Anselm Kiefer présente à Milan une exposition rendant hommage à des figures féminines pour la plupart oubliées.
L’alchimie, science occulte qui consistait notamment à changer le plomb en or, a réuni la Française Marie Meurdrac, la philosophe britannique Margaret Cavendish ou encore l’Allemande Anne Marie von Ziegler. L’artiste allemand Anselm Kiefer fait se lever 42 d’entre elles et les fait briller sur fond d’or, de plomb mais aussi de plantes dans la grande salle des Cariatides du Palazzo Reale, à deux pas du célèbre Dôme de Milan, jusqu’au 27 septembre. Cléopâtre y apparaît également aux côtés de la fille du duc de Milan Catherine Sforza, ou de Blanche de Navarre, comtesse de Champagne.
Anselm Kiefer, connu pour ses immenses paysages de ruines recouverts de plomb ou hérissés de paille, de cendre et de végétaux, s’est inspiré de ces Cariatides, statues de femmes fortement abîmées pendant la Seconde Guerre mondiale, pour construire un nouveau panthéon féminin. «La distillation, la purification sont des processus que l’on retrouve beaucoup dans l’œuvre d’Anselm Kiefer», a commenté la curatrice de l’exposition, Gabriella Belli, lors d’une conférence de presse. Mettre ainsi en lumière ces femmes est «un acte important de justice, de reconnaissance», a-t-elle souligné. «Je les ai sélectionnées en étudiant leurs biographies», a expliqué l’artiste de 80 ans. «Le devoir du spectateur est de retrouver le lien entre la biographie et l’œuvre.»
Trois des œuvres d’Anselm Kiefer, installé en France, sont entrées dans la collection permanente du Louvre en 2007. Pour le transfert en 2020 des cendres de l’écrivain Maurice Genevoix au Panthéon, le président Macron – «un ami» avec qui il partage «une relation intellectuelle» – lui a également commandé une installation pérenne. À Milan, ses sept «palais célestes» de béton armé et de plomb trônent depuis 2004 dans le sombre hangar de la Fondation Pirelli.