Le Mouvement écologique revient sur les réactions qu’a suscitées son alerte sur la contamination de pommes par un cocktail de pesticides, la semaine passée.
Il y a une semaine, le Mouvement écologique (Méco) pointait de nouveaux résultats d’analyses accablants concernant des pommes luxembourgeoises et brimait les autorités quant à leur inaction : «Aucune mesure concrète n’a été engagée pour protéger la santé humaine et l’environnement contre ces polluants nocifs et destructeurs. Aucune initiative n’a été prise pour conseiller les agriculteurs sur les alternatives.»
Cette alerte déclenchait une foule de réactions dont celle de la ministre de l’Agriculture, Martine Hansen, qui jugeait les révélations du Méco comme «une inquiétude inutile au sein de la population» et appuyait qu’il n’existe «aucun risque pour le consommateur».
«Le ministère de l’Agriculture – mais aussi les ministères de la Santé et de l’Environnement – doivent agir!» lancent, ce jeudi, la présidente Blanche Weber et son équipe qui reviennent sur ces réponses par le biais d’un communiqué et corrigent, en neuf points, ce qui a pu se dire durant la semaine écoulée.
Protéger la population
Pour débuter, là où Martine Hansen assure que les pommes ne sont pas contaminées, le Mouvement écologique conteste et martèle que «même à très faibles doses, chaque pesticide constitue une contamination. Le respect des valeurs limites individuelles ne peut en aucun cas être assimilé à une absence de risque».
Ces contaminations touchent notamment les plus vulnérables, ce que pousse le Méco à appuyer que le sujet de la protection des enfants doit être une priorité, notamment lorsque le ministère de l’Agriculture conclut «qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter». Les équipes de Blanche Weber incitent à la consommation de pommes biologiques aussi bien pour la santé de chacun que pour la protection de l’environnement. «La minimisation de cette problématique ne fera qu’accentuer la polarisation entre les acteurs et l’insécurité des consommateurs».
Manque d’actions
Par la suite, le Mouvement écologique pointe l’absence de système d’évaluation adéquat pour les cocktails chimiques. Pour rappel, les échantillons luxembourgeois contenaient en moyenne cinq pesticides différents. Il regrette que «ce problème soit reconnu de longue date par l’ensemble des acteurs et que des décisions ont déjà été prises pour combler cette lacune majeure mais sans toutefois être mises en œuvre dans la pratique». Pour préserver la population, il exhorte les ministères de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé à appliquer le principe de précaution, «c’est-à-dire à viser une contamination par les pesticides aussi proche que possible de zéro».
Quant à la validité des données reprises par Blanche Weber et son équipe, ces derniers répètent qu’elles sont «scientifiquement fondées, même s’il s’agit d’un échantillonnage» et appuient cette affirmation en rappelant que les dernières analyses disponibles de l’administration luxembourgeoise Vétérinaire et Alimentaire (ALVA), datant de 2023, onnt abouti aux mêmes résultats pour les pommes issues de l’agriculture conventionnelle (également sur la base de seulement trois échantillons).
Face à ces expositions aux pesticides qui demeurent toujours trop élevées malgré les efforts réalisés, le Méco incite les autorités à poursuivre dans ce sens via des mesures renforcées. «Le programme de distribution de fruits dans les écoles, par exemple, manque depuis des années l’occasion de créer un débouché pour les pommes biologiques luxembourgeoises», propose-t-il. Dans la même veine et dans un souci de transparence vis-à-vis de la population, le Mouvement écologique souhaite que les données sur l’utilisation des pesticides soient rendues publiques. «Il est urgent de changer de cap et de réformer le système agricole actuel», conclut le Mouvement écologique.