Interrogée une nouvelle fois dans le cadre des tensions à l’université, la ministre a apporté des détails sur les cas portés devant la justice.
Alors que son intervention aux côtés du recteur en commission parlementaire a laissé de nombreuses questions en suspens, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Stéphanie Obertin, a livré ce jeudi une série de précisions concernant l’université en réponse à une question parlementaire de Françoise Kemp (CSV).
Ainsi apprend-on qu’au cours des cinq dernières années, cinq litiges ont été portés devant les tribunaux, dont quatre contestations de licenciement (par deux employés en CDI et deux en CDD), et un recours relatif aux procédures de promotion concernant quatre professeurs.
FDEF : 14 démissions et deux licenciements
La ministre indique aussi que, sur cette même période, la faculté de droit, d’économie et de finance (FDEF) a enregistré 14 démissions de collaborateurs en CDI (sur un effectif moyen de 125) et deux licenciements de collaborateurs en CDD (sur un effectif moyen de 136), dont un a été contesté.
Elle détaille ensuite comment l’État assure son rôle de supervision : «Le recteur élabore le budget annuel et les décomptes annuels, qui sont arrêtés par le Conseil de gouvernance, qu’il présente ensuite au gouvernement en vue de leur approbation.»
Un rapport circonstancié sur la situation financière de l’université, ainsi qu’un rapport de réviseur d’entreprises agréé sont soumis. Enfin, la Cour des comptes contrôle l’emploi conforme des concours financiers publics qui lui sont affectés.
Des mécanismes en question
La députée demande également comment l’université veille à ce que les doyens, chefs de département ou superviseurs soient responsables de la lutte contre le harcèlement, en particulier dans le cadre de promotions ou d’évaluations.
Stéphanie Obertin cite alors les multiples mécanismes de prévention et de signalement, censés «permettre aux collaborateurs de faire part de leurs préoccupations. Les situations sont évaluées et examinées de manière approfondie, avec pour objectif de parvenir à une résolution équitable et appropriée».
En matière de promotions et d’évaluations académiques, elle explique que «les recommandations reposent sur l’évaluation d’experts externes indépendants, le rôle du rectorat se limitant à une validation procédurale». Point précisément contesté par les quatre professeurs précités ayant saisi la justice.
Dix pour cent du personnel mobilisé
Ces dernières semaines, le malaise semble s’accentuer dans les couloirs de l’institution, entre «pressions» et «chasse aux sorcières», tandis qu’une lettre ouverte adressée à la presse mercredi soulève certaines interrogations.
Initiée par des soutiens du recteur et signée par 277 membres du personnel académique et administratif – soit 10% seulement de l’effectif – cette prise de position, destinée à «offrir le point de vue d’un large groupe, absent du débat public jusqu’à présent», n’aurait pourtant pas remporté l’adhésion interne escomptée. Selon nos informations, il y aurait eu quatre tentatives pour mobiliser la communauté, et une partie des signataires aurait cédé face à l’insistance de supérieurs ou de pairs.
En attendant l’audit sur la gouvernance de l’université annoncé lundi dernier par la ministre, la prochaine réunion de la commission parlementaire de l’Enseignement supérieur et de la Recherche se tiendra le 24 février. En présence de la ministre, le cahier des charges de cette enquête commandée par le ministère sera alors discuté par les députés.