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À ArcelorMittal, «des collègues ont peur de se mettre en arrêt maladie»


«On ne nous propose pas une aide pour améliorer les choses. Non, ce sont tout de suite des reproches et des menaces», s’insurge notre témoin. (Photo : Julien Garroy)

ArcelorMittal convoque à des entretiens les salariés jugés trop souvent malades. Un ouvrier s’insurge contre les possibles conséquences sur la sécurité dans l’entreprise d’une telle politique. Il témoigne.

 

 

Douze jours. À ArcelorMittal, c’est parfois le nombre de jours d’absence ou d’arrêt maladie sur une période d’un an qui suffisent pour vous conduire dans un bureau où parfois jusqu’à trois de vos supérieurs vous font face de façon peu amène. Là, souvent, pas de salutations, pas de bonjour. On y lance des «on va te changer de poste», «on va te mettre dehors si tu continues».

 

Les propos sont clairs, directs. Ces récits d’entretiens, le témoin qui nous les a révélés, salarié à ArcelorMittal Belval-Differdange, en a entendu beaucoup ces derniers mois. Car, oui, la chasse aux arrêts maladie est ouverte chez le sidérurgiste, ou plutôt elle continue.

 

L’OGBL avait organisé en novembre 2023 un piquet de protestation devant l’usine de Differdange pour s’insurger du licenciement de quatre salariés au motif qu’ils «étaient trop souvent malades». Depuis, peu de choses ont changé. L’absentéisme atteint-il des sommets dans cette entreprise ? Cet absentéisme perturbe-t-il gravement le fonctionnement des équipes de travail ? Nous n’en saurons rien, car ArcelorMittal s’est contenté d’une communication minimale en réponse à nos questions.

 

Notre témoin, que nous appellerons Ernest pour préserver son anonymat, entend s’exprimer par souci de deux éléments qui lui tiennent à cœur : le respect des droits des travailleurs et la préservation de la sécurité de ceux qui, chaque jour, affrontent un environnement rempli de dangers, comme en témoignent les accidents du travail mortels survenus à ArcelorMittal en 2024, 2019, 2018, 2016, 2012, 2010 et 2008.

 

Lettre de sensibilisation

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