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Une assemblée citoyenne pour repenser la ville d’Esch


Democracy Next et James MacDonald Nelson ont choisi la candidature d'Esch parce qu'«ils voulaient vraiment le faire et l'ont pris au sérieux» (Photo : alain rischard)

Face aux mutations que traverse Esch-sur-Alzette, la commune fait le choix d’ouvrir à une assemblée citoyenne la décision publique, qui ne se résume pas à de l’aménagement urbain.

Après de précédentes initiatives ressemblantes comme celles de Dudelange ou le Klima-Biergerrot de 2022 au niveau national, le lancement de la première assemblée citoyenne d’Esch-sur-Alzette marque une étape inédite.

«La genèse du projet est une volonté claire politique : rendre beaucoup plus la parole aux citoyens et les impliquer dans les discussions à propos de l’évolution de notre ville», souligne Bruno Cavaleiro, échevin en charge de la participation citoyenne.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte de croissance rapide. Avec près de 38 000 habitants aujourd’hui, la ville pourrait atteindre entre «50 000 et 55 000 habitants dans les prochaines décennies», selon l’échevin, citant les chiffres évoqués dans le dernier rapport de l’Observatoire social.

Une évolution qui s’accompagne de défis majeurs en matière d’aménagement et de vivre-ensemble : «Il est essentiel que la population puisse participer de manière active à son évolution», insiste l’élu. «Nous avons environ 11 000 électeurs inscrits, mais ce n’est pas toute la population», rappelle Bruno Cavaleiro.

«Une représentation fidèle de la population»

La formation de cette assemblée se décompose en trois étapes. Elle repose d’abord sur un tirage au sort encadré : 10 000 habitants recevront une invitation postale avec un code personnel afin de se porter candidats.

Ensuite, une sélection, là aussi aléatoire, s’effectuera, mais selon des critères garantissant «une représentation fidèle de la population eschoise», pour constituer un groupe final de quarante participants.

Afin de de motiver les troupes et lever les freins, la commune a prévu plusieurs mesures telles que des services de traduction, de la garde d’enfants ou encore une indemnisation financière à hauteur de 750 euros. «Tout est mis en place pour qu’il n’y ait aucune raison de ne pas participer», souligne Bruno Cavaleiro.

Enfin, au cours d’une troisième étape, les conclusions des travaux de l’Assemblée citoyenne, à l’issue des sept sessions, seront transmises au conseil communal et feront l’objet d’un suivi politique, soutenu par un budget dédié.

Pendant plusieurs mois, les membres de l’Assemblée citoyenne seront accompagnés par des facilitateurs de l’entreprise luxembourgeoise Snakke & Co, pour échanger autour de la question centrale : comment la Ville d’Esch peut-elle repenser ses espaces publics et ses lieux de vie pour renforcer le vivre-ensemble entre les habitants d’aujourd’hui et ceux de demain?

L’échevin désamorce de suite : «Ce n’est pas un projet architectural.» «L’espace public n’est pas seulement une place ou un bâtiment : c’est l’entièreté de la ville», poursuit-il. Pour garantir la crédibilité du processus, la commune s’est entourée de partenaires.

«le travail ne sera jamais terminé»

L’institut international Democracy Next accompagne la démarche depuis sa conception, soit deux ans. Sa mission «est de changer qui a le pouvoir et comment les décisions sont prises», explique James MacDonald Nelson, membre de l’organisation.

Selon lui, une assemblée citoyenne «n’est pas un événement d’un jour». Esch a été sélectionné parmi plusieurs candidatures internationales précisément pour son engagement politique. «Ils voulaient vraiment le faire et l’ont pris au sérieux», souligne-t-il.

«Les décisions politiques liées au processus ne doivent pas être prises par la commune ni par nous, mais par un groupe indépendant», précise James MacDonald Nelson. Il s’agit ainsi de garantir l’impartialité du dispositif, notamment dans le choix des experts appelés à intervenir.

L’assemblée citoyenne s’inscrit également dans un cadre de recherche à long terme porté par l’université du Luxembourg et le professeur titulaire de la Chaire de la Ville d’Esch, Markus Miessen : «Dès mon arrivée, j’avais l’intention de travailler sur un vaste projet de recherche autour de la construction démocratique.» À ses yeux, Esch devient un véritable laboratoire où l’on peut «repenser les processus démocratiques dans la ville».

Le projet s’inscrit dans le cadre des «Esch Clinics», un programme de recherche de cinq ans consacré à la démocratie urbaine. L’implication des chercheurs se poursuivra bien au-delà de la première assemblée. «D’une certaine manière, le travail ne sera jamais terminé», note Markus Miessen, évoquant la production future destinée non seulement à la Ville, mais aussi aux instances nationales.

Une réunion d’information le 23 février

Une réunion d’information préalable aura lieu le 23 février à 18 h à l’hôtel de ville, sur inscription obligatoire par e-mail. Les candidatures seront ouvertes jusqu’au 27 février. La première session de l’Assemblée aura lieu le 16 mars. Plus d’informations sur assemblee-citoyenne.esch.lu

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