Une pièce de théâtre pas tout à fait comme les autres sera jouée en mars devant les enfants scolarisés à l’école internationale de Luxembourg et leurs parents. Reportage.
Dans la crypte de l’église de Marie Reine de la Paix, dans le quartier de Bonnevoie, un jeune homme avance d’une démarche assurée, une valise à la main, et s’arrête devant la petite dizaine de personnes assises. «Bonjour, je m’appelle Momo, j’ai 28 ans, ça fait longtemps que je suis ici. Je dirais que c’est un job, j’ai investi dans moi-même, j’ai pas perdu mon temps pour rien…» Il se tait, ne sachant plus quoi dire. «Ta souffrance», le relance Sandro Sandini. «Ta souffrance, c’est ça qu’il faut sortir. Tu n’expliques pas toute ta vie, parce qu’il y a des choses très intimes, mais c’est important de raconter un peu.»
Derrière eux, un autel et une grande croix rappellent que l’on est dans une chapelle, mais ce matin, ce ne sont pas des prières qui sont récitées. Les vieilles pierres absorbent des voix parlant d’exil, de pertes, d’addictions, de nuits passées dehors. Les paroles ont du mal à sortir, chacun cherche ses mots. Clarisse, Germain, Lourdes racontent tour à tour comment, partis du Bénin ou du Venezuela, ils sont arrivés au Luxembourg et se sont retrouvés sans rien.
Une autre participante, Eider, se lève et raconte être, à 40 ans, «à la rue depuis quatre mois». Des années de travail derrière elle et un enfant élevé seule, puis une dépression de deux ans qui fait basculer sa vie : «J’ai tout perdu», résume-t-elle. Elle poursuit son récit, expliquant avoir appris récemment qu’elle était autiste – un diagnostic tardif qui éclaire des années d’incompréhension. «On ne voit pas mes difficultés parce que je m’exprime bien», précise-t-elle. Étonnamment, depuis qu’elle vit dans la rue, elle a l’impression de «retrouver un sens à (s)a vie, de l’estime de ...
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